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Gay Pride à Istanbul : la police turque tire avec des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants

La police a tiré des balles en caoutchouc sur un groupe d’environ 40 manifestants pendant la parade annuelle de la Gay Pride, interdite à Istanbul.

Malgré l’interdiction de la parade de la Gay Pride à Istanbul en Turquie, les militants ont tout de même tenté de défiler ce dimanche 25 juin.

Ainsi, de petits groupes s’étaient rassemblés sur la célèbre place Taksim pour une Marche des fiertés LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexe).

Cependant, la police turque a utilisé des balles en caoutchouc pour tirer sur des manifestants qui défilaient.

Avant la manifestation, d’importantes forces de police présentes dans le quartier avaient bouclé plusieurs accès, selon une journaliste de l’AFP.

Selon la BBC Turkey, les militants se tenaient sur la place Taksim quand des policiers ont tiré sur 40 d’entre eux avec des projectiles en caoutchouc.

Par la suite, les forces de l’ordre ont également interdit de brandir le drapeau multicolore de la Gay Pride.

Gay Pride interdite depuis 2015

La Marche des fiertés d’Istanbul avait rassemblé en 2014 des dizaines de milliers de personnes. Elle constituait l’un des principaux événements LGBT au Moyen-Orient.

Ainsi, c’est la troisième année consécutive que les autorités turques interdisent la Marche des Fiertés à Istanbul.

Cette année, après des menaces de groupes conservateurs et d’extrême droite, les autorités avaient annoncé interdire cette manifestation pour préserver « l’ordre public » et la « sécurité des touristes ».

Les organisateurs avaient alors réitéré leur détermination à maintenir la manifestation.

Nous n’avons pas peur, nous sommes là, nous ne changerons pas. Vous avez peur, vous changerez et vous vous y habituerez.

Cette année, la Gay Pride coïncidait avec le premier jour de la fête célébrant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, la fête de l’Aïd El Fitr.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est accusé par ses opposants de conduire une islamisation de la société.

Ses commentaires conservateurs sur les femmes et la famille enflamment régulièrement la critique. Cependant, il se garde généralement d’évoquer publiquement les questions liées à l’homosexualité.

Or, en 2010, la ministre de la Famille et de la Femme Aliye Selma Kavaf avait suscité la colère des défenseurs des droits des homosexuels en qualifiant l’homosexualité de « désordre biologique » et « maladie » devant être soignée.

Toutefois si l’homosexualité n’est pas pénalement réprimée en Turquie, l’homophobie y reste largement répandue.

Publié le lundi 26 juin 2017 à 9:03, modifications lundi 26 juin 2017 à 7:39

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