Monde

La Gabon bascule dans la violence après les résultats de l’élection présidentielle

Quelques heures seulement après l’annonce de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, de violentes émeutes et des pillages ont embrasé le pays.

Après une nuit de violences, Libreville a des allures de ville fantôme. Quadrillée par les forces pro-gouvernementales, la capitale du Gabon porte toujours les traces des violents affrontements qui ont eu lieu dans la nuit de mercredi 31 août à jeudi 1er septembre.

Peu avant 16 heures, mercredi 31 août, le ministre gabonais de l’intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, avait annoncé que la centralisation des votes avait désigné le chef de l’Etat sortant, Ali Bongo Ondimba, vainqueur avec 49,80% des voix alors que son principal adversaire, Jean Ping avait obtenu 48,16% des suffrages.

Un résultat au coude-à-coude sans aucune commune mesure avec la large avance lors de la présidentielle de 2009 où Ali Bongo, succédant à son père, avait remporté 41,79% des voix devant Pierre Mamboundou et André Mba Obame avec respectivement 25,64 et 25,33%.

Immédiatement, les manifestants, venus en masse, ont contesté la réélection d’Ali Bongo Ondimba à la tête du pays.

« Ali Voleur » peut-on lire un peu partout sur les murs de la ville.

Si on baisse les bras, ce serait comme si on était d’accord avec sa victoire.

Clamaient de jeunes manifestants.

Dès la publication des résultats, Jean Ping, l’opposant d’Ali Bongo Ondimba, avait accusé le camp présidentiel d’avoir gonflé les chiffres du Haut-Ogooué (le fief de l’ethnie Téké à laquelle appartient Ali Bongo Ondimba et aussi la deuxième province la plus peuplée du pays après l’Estuaire) pour pouvoir s’assurer une avance.

Les résultats ont donc divisé la capitale entre partisans pro-Bongo et pro-Ping face à un verdict contesté.

Rapidement dans le quartier “Charbonnage” qui abrite le quartier général de campagne de Jean Ping, des heurts ont éclaté entre des jeunes encerclés par des forces de l’ordre. Des canons à eau et des grenades lacrymogènes ont été lancés contre des manifestants qui mettaient le feu à des pneus et des morceaux de bois.

Outre au siège de Jean Ping, des violences localisées ont éclaté dans d’autres quartiers populaires. Des jeunes dressaient des barrages improvisés, alors que de petits groupes tentaient d’attaquer la télévision publique et l’Assemblée nationale d’où s’élevait dans la soirée un panache de fumée.

Nous avons arrêté plus de 200 pillards depuis hier soir

A annoncé jeudi 1er septembre le commandant en chef de la police nationale, Jean-Thierry Oye Zue.

Ils sont dans les locaux de la police judiciaire mais aussi dans les commissariats de la ville. Les pillages continuent maintenant dans les quartiers populaires.

Plus tard dans la nuit, un incessant va-et-vient d’hélicoptères et de voitures de police a été entendu à travers la capitale.

À Libreville, où se trouve le Palais du bord de mer, cœur du pouvoir au Gabon, les habitants restent reclus chez eux pendant qu’une partie de la ville continue d’être le théâtre d’actes de pillages et de casses. Les hôpitaux de la ville sont débordés. Les blessés attendent leur prise en charge à même le sol. Certains blessés disent avoir été touchés par balle, lors de l’assaut du siège de Jean Ping, le candidat opposé à Ali Bongo Ondimba.

Un premier bilan publié sur le site du Nouveau Gabon fait état de trois morts et d’un millier d’interpellations.

Jeudi soir, le Quai d’Orsay a appelé tous les ressortissants français à la plus grande prudence.

Publié le vendredi 2 septembre 2016 à 13:48, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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