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Fusillade à Las Vegas : L’Etat islamique revendique la tuerie, le FBI réfute la piste terroriste

Alors que l’Etat islamique a revendiqué la fusillade qui a fait au moins 60 morts à Las Vegas, le FBI a déclaré n’avoir établi « aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international ».

STORY - Episode 2/7

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Même si aucun lien entre le tueur et une organisation terroriste n’est pour l’instant établi, l’Etat islamique a revendiqué la fusillade de Las Vegas. Une piste terroriste pourtant écartée par le gouvernement américain.

Que s’est-il passé ?

Une foule assistant à un grand festival de musique country, Route 91 Harvest, en plein air, près de l’hôtel-casino Mandalay Bay de Las Vegas, a été prise pour cible par un tireur dimanche 1er octobre. L’homme, embusqué au 32e étage de l’hôtel, était en surplomb du site qui accueillait 22.000 personnes. Il a tiré sur la foule à l’arme automatique pendant de longues minutes.

Selon la police métropolitaine de Las Vegas, au moins 406 personnes ont été hospitalisées et 59 personnes sont décédées. Cependant, les autorités ont prévenu que le bilan était encore provisoire. De nombreux spectateurs ayant fui le site de l’attaque et trouvé refuge un peu partout dans la ville. Il s’agit de la fusillade la plus meurtrière perpétrée sur le sol américain dans son histoire récente.

Un suspect aux antécédents psychiatriques

Dès lundi 2 octobre, le groupe Etat islamique a revendiqué la responsabilité de la tuerie. Selon l’agence Amaq, son organe de propagande, le tireur « s’était converti à l’islam il y a quelques mois ».

Toutefois, selon deux hauts responsables du gouvernement américain, aucun élément ne permet d’établir un lien entre le tireur de Las Vegas et une quelconque organisation terroriste. L’un des hauts responsables américains interrogés à ce sujet a écarté toute implication du groupe djihadiste.

En outre, identifié par la police sous le nom de Stephen Craig Paddock, les médias américains ont révélé que le tireur semblait avoir des antécédents psychiatriques. L’homme de 64 ans, résidait à Mesquite. Une ville de 18.000 habitants, située à quelque 120 kilomètres de Las Vegas, toujours dans le Nevada. Selon son frère, qui a parlé à la chaîne CNN, l’homme était à la retraite.

Eric Paddock l’a simplement décrit comme un homme aisé, qui aimait les croisières, jouer au poker sur internet. Il se rendait également souvent dans les casinos de Las Vegas.

Il n’avait aucun lien avec aucune organisation politique ou organisation religieuse. Autant que je sache, il n’était pas un suprémaciste blanc. Et je le connais depuis 57 ans !

A-t-il déclaré à CNN.

Ancien comptable, il possédait un brevet de pilote et un permis de chasse délivré par l’Etat d’Alaska. De plus, Stephen Paddock était propriétaire de deux maisons récentes dans le Nevada. Celle de Mesquite et une autre dans la périphérie de Reno. Une autre ville dédiée au jeu et au divertissement. Enfin, il n’était pas connu des services de police de cette ville, ni de ceux de Las Vegas.

Le shérif de Las Vegas, Joseph Lombardo, a précisé que plus de dix fusils avaient été retrouvés par les unités d’intervention spéciales (SWAT) dans la chambre d’hôtel. Par ailleurs, un stock de nitrate d’ammonium, un engrais susceptible d’être utilisé dans l’élaboration d’explosifs, a été retrouvé dans sa voiture.

Quel crédit donner aux revendications de Daech ?

Ainsi, le profil de Stephen Paddock est très éloigné des recrues traditionnelles du groupe Daech qui affirme que cet Américain retraité était l’un des ses « soldats ».

Un soldat du califat (Abou Abdelberr l’Américain) – que Dieu l’accepte – muni d’armes automatiques et de munitions diverses a, depuis un hôtel donnant sur un concert de musique, ouvert le feu sur un de ces rassemblements. Faisant 600 morts et blessés, jusqu’à l’épuisement de ses munitions. Avant de tomber en martyr.

A indiqué l’organisation terroriste dans son communiqué.

Néanmoins, pour l’instant les enquêteurs n’ont pas déterminé les motivations du tueur. Le shérif a de son côté évoqué un « loup solitaire » et un « psychopathe ». Il s’est également refusé à évoquer lui aussi la piste terroriste. L’analyse du téléphone et de l’ordinateur du tueur pourraient permettre d’en savoir plus sur d’éventuels liens avec la zone irako-syrienne. La consultation de chaînes pro-Etat islamique aussi.

Pourtant, jusqu’à présent, les revendications de l’Etat islamiques étaient fiables. En effet, plusieurs spécialistes rappellent que Daesh ne réalisait pas de revendications opportunistes car elles engagent sa responsabilité et sa crédibilité. Néanmoins, jusqu’alors, Amaq, qui avait pour habitude de délivrer des « preuves » : un testament, une vidéo… ne sont plus autant diffusées qu’auparavant. Ce qui interroge sur la nature potentiellement opportuniste de certaines revendications, même si le groupe continue à « inspirer les passages à l’acte ».

Publié le mardi 3 octobre 2017 à 10:46, modifications mercredi 4 octobre 2017 à 9:49

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