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Etats-Unis : le shutdown entre en vigueur, l’administration américaine est paralysée

A défaut d’un compromis budgétaire, le « shutdown » est entré en vigueur aux Etats-Unis ce vendredi.

Les Etats-Unis vivent depuis ce samedi 20 janvier, leur premier shutdown depuis 2013. En effet, les sénateurs ne sont pas parvenus, dans la soirée de vendredi, à trouver un compromis budgétaire sur le financement de l’Etat fédéral. Les républicains, majoritaires avec 51 sièges, n’ont obtenu que 50 voix. Un nombre très éloigné des 60, sur 100, nécessaires pour une extension de quatre semaines, jusqu’au 16 février, du budget fédéral.

Que signifie shutdown ?

Puisque le financement de l’État fédéral n’a pas été voté, le gouvernement américain se retrouve officiellement à court d’argent. Il est donc contraint de fermer des dizaines d’agences fédérales à travers le pays. C’est cette paralysie de généralisée de l’administration qu’on appelle le shutdown.

La Maison Blanche, qui fête également ce samedi la première année de la présidence de Donald Trump a accusé les démocrates de prendre les Américains « en otages ».

Ce soir, les sénateurs de l’opposition ont placé la politique au-dessus de notre sécurité nationale.

A argué Sarah Huckabee Sanders, la porte-parole de la présidence.

La fermeture de l’administration était à 100 % évitable.

A affirmé le chef de file des sénateurs républicains, Mitch McConnell, à l’adresse des démocrates.

Le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer lui a alors répondu :

Ce sera appelé le Trumpshutdown car personne. Personne ne mérite autant que le président Trump d’être jugé responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Lors du dernier shutdown, en 2013, les agences avaient été fermées pendant 16 jours. Dans tous les cas, les premiers effets devraient être perceptibles lundi et prendront fin lorsqu’un compromis politique sera trouvé.

Toutefois, au-delà du budget, les parlementaires pensent aux élections de mi-mandat en novembre. En effet, les démocrates estiment que les républicains qui ont tous les leviers du pouvoir (Maison Blanche, Chambre des représentants, Sénat) seront tenus pour responsables de la paralysie et paieront le prix fort. Quant aux républicains, ils espèrent utiliser le « shutdown » pour « punir » les sénateurs démocrates qui brigueront un nouveau mandat dans dix Etats remportés par Donald Trump à la présidentielle.

850.000 fonctionnaires au chômage technique

Ainsi, chaque gouverneur va devoir choisir les agences qu’il souhaite fermer et celles trop essentielles pour être interrompues. Pourtant, aucun service public n’est a priori protégé d’un éventuel shutdown. Dans les faits, la défense et la sécurité sont quasiment toujours épargnées, tout comme le transport aérien, la justice et la santé. D’ores et déjà, l’administration Trump a annoncé qu’elle mettrait en congé tous les personnels civils « non-essentiels » de l’armée. Traditionnellement, les administrations financières sont parmi les plus touchées par les shutdown. La Commodity Futures Trading Commission, chargée de surveiller les marchés de produits dérivés, a déjà annoncé qu’elle mettrait en congé 95% de ses employés avec la possibilité d’en faire revenir en cas de situation d’urgence.

En outre, le shutdown est synonyme de chômage technique sans paie pour environ 850.000 fonctionnaires considérés comme « non essentiels ». En 2013, cela avait concerné plus de 800.000 personnes. Ils avaient été, en général, payés rétroactivement lorsque la situation était rentrée dans l’ordre.

Publié le samedi 20 janvier 2018 à 11:19, modifications samedi 20 janvier 2018 à 10:44

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