Monde

Etats-Unis : Le gang ultra-violent MS-13 dans le viseur de Donald Trump

Donald Trump a promis d’éradiquer le gang d’origine salvadorienne MS-13 qui terrorise la population.

Vendredi 28 juillet, devant un parterre de policiers de Long Island, Donald Trump a répété tout le mal qu’il pense de la MS-13, l’un des gangs les plus violents du pays.

Nous allons détruire cet infâme cartel criminel.

A-t-il scandé, sans toutefois annoncer de mesures concrètes.

Après avoir longuement critiqué la législation en vigueur et évoqué la lutte contre le gang, le président américain a défendu l’usage de méthodes plus brutales.

Il a notamment encouragé les policiers à ne pas être « trop gentils » avec les personnes qu’ils arrêtent :

Quand vous mettez un type dans la voiture et que vous protégez sa tête avec la main, vous savez? Genre, ne leur cognez pas la tête, alors qu’ils viennent de tuer quelqu’un. Je vous dis : vous pouvez enlever la main, ok?

Un gang né dans les années 80

Pourtant, cela fait dix ans que la MS-13 est apparue dans les milieux immigrés salvadoriens à Los Angeles dans les années 80. Elle a ensuite été exportée en Amérique centrale.

La Mara Salvatrucha (« mara », argot pour gang en espagnol, « Salva », une abréviation de Salvadorien et « trucha », pouvant se traduire par malin) s’est développé à force d’extorsions, de trafic de drogues et d’êtres humains, et d’assassinat.

Sa devise « Mata, roba, viola, controla » (« Tue, vole, viole, contrôle ») en dit long sur le gang.

Les membres, reconnaissables à leurs nombreux tatouages recouvrant parfois le visage, infligent aux nouvelles recrues le même rite d’initiation, un passage à tabac de 13 secondes.

Si le gang s’en prend aux populations d’Amérique centrale, c’est aussi là qu’il recrute ses futurs membres. Des profils tels que de jeunes hommes. Fraîchement arrivés aux Etats-Unis, sans soutien familial, sans maîtrise de l’anglais et heureux de trouver une protection.

Ainsi, si les propos de Donald Trump ont été applaudis par une partie de l’audience, pour de nombreux commentateurs et citoyens américains, ses remarques sont très problématiques.

En effet, sans conteste ultra-violent dangereux, ce gang est composé en majorité d’Hispaniques.

Il a ainsi l’avantage de servir l’une des rhétoriques de l’administration Trump : la menace de l’immigration.

En effet, cette visite présidentielle a permis à Donald Trump de mettre en valeur les progrès de son administration dans la lutte contre l’immigration illégale. Egratignant au passage son prédécesseur.

Par ailleurs, il a appelé le pouvoir législatif à débloquer davantage de fonds pour les agents de l’immigration et les juges.

Il a souhaité doter ces derniers de davantage d’autonomie dans les décisions d’expulsion d’immigrés clandestins venus d’Amérique centrale.

Un discours irresponsable

En réaction au discours de Donald Trump, l’Association internationale des chefs de la police a rapidement publié un communiqué pour s’opposer aux déclarations de Donald Trump.

Les forces de l’ordre sont entraînées à traiter tous les individus, qu’ils soient victimes ou suspects, avec respect et dignité. C’est le principe de base des concepts de légitimité de la police et des procédures judiciaires.

De son côté, la célèbre police de New York, la NYPD, a également réagi au discours. Elle a vivement regretté que le président envoie de « mauvais messages ».

En outre, elle a dénoncé le caractère «irresponsable» et «non professionnel» de cette prise de parole.

Publié le mardi 1 août 2017 à 17:33, modifications mardi 1 août 2017 à 16:49

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