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Etats-Unis : Donald Trump va construire son mur à la frontière mexicaine

Dans les mois à venir

Donald Trump a signé mercredi deux décrets contre l’immigration. L’un d’eux lance officiellement le projet de construction d’un mur à la frontière avec le Mexique.

La valse des décrets se poursuit à la Maison Blanche. En effet, le président américain Donald Trump a signé mercredi 25 janvier un décret lançant le projet de construction d’un mur à la frontière mexicaine, entre les Etats-Unis et le Mexique.

La promesse la plus allégorique de sa campagne pour l’élection présidentielle.

Les contribuables américains paieront, le Mexique « remboursera »

Construire cette barrière n’est pas seulement une promesse de campagne. C’est une première étape de bon sens pour véritablement sécuriser une frontière qui est aujourd’hui poreuse.

S’est exprimé son porte-parole Sean Spicer.

Rappelons que plus de 11 millions d’immigrants en situation irrégulière vivent aux Etats-Unis, certains depuis de très nombreuses années. Près de la moitié sont originaires du Mexique.

Ainsi, interrogé un peu plus tôt sur la chaîne ABC, Donald Trump a réaffirmé que le financement de ce mur, dont la construction devrait débuter selon lui “dans les mois à venir”, serait, in fine, payé par le Mexique :

Je vous le dis : il y aura un paiement, même si le montage sera peut-être compliqué.

Pendant la campagne, Donald Trump avait évoqué un coût compris entre 5 et 10 milliards de dollars.

Or,  plusieurs études ont démontré que ce serait sans doute trois fois plus. Par exemple, le cabinet Bernstein donne une fourchette de 15-25 milliards de dollars pour un mur en béton de 1.600 km de long (le reste des 3.000 km de la frontière a déjà des obstacles naturels et une clôture partielle), 12 mètres de haut, 2 mètres de profondeur et 25 cm d’épaisseur.

Ains, si Donald Trump n’a pas donné de détail, il a laissé entendre que le remboursement mexicain pourrait prendre différentes formes. Cela pourra se faire via la renégociation d’accords commerciaux ou en par des taxes sur l’argent envoyé par les immigrés à leur famille au Mexique.

Davantage de centre de détention sur la frontière

Cinq jours seulement après sa prise de fonctions, Donald Trump a poursuivi dans sa volonté de lutter contre l’immigration. En effet, il a par ailleurs signé mercredi un autre décret portant sur une application plus rigoureuse des lois sur l’immigration.

Elles visent notamment des mesures à l’encontre des « villes sanctuaires » qui accueillent les immigrants clandestins.

Dans cet objectif, Sean Spicer a annoncé la création de davantage de centres de détention le long de la frontière pour qu’il soit « plus facile et moins cher » de détenir puis de renvoyer les immigrants illégaux dans leur pays d’origine.

A partir d’aujourd’hui, les Etats-Unis reprennent le contrôle de leurs frontières.

Avait déclaré Donald Trump lors d’une cérémonie au ministère de la Sécurité intérieure.

Les lois sur l’immigration seront appliquées avec force.

Avait-t-il ajouté.

Des relations diplomatiques tendues

A New York, plus d’un millier de personnes ont manifesté mercredi soir pour dénoncer les mesures anti-immigration du nouveau président.

Pas d’interdiction! Pas de mur! New York est à tout le monde.

Ont scandé les participants présents à Washington Square, dans le sud de Manhattan.

Le fantasme du président Trump de sceller la frontière avec un mur est alimenté par un parti pris racial et ethnique. Ca déshonore la tradition américaine de protection des migrants vulnérables.

A réagi l’Aclu, principale association américaine de défense des libertés individuelles.

De son côté le ministre de l’Economie Ildefonso Guajardo a clairement averti qu’il y avait « des lignes rouges » à ne pas franchir.

De plus, une rencontre est prévue le 31 janvier prochain à Washington entre le nouveau président américain et son homologue mexicain Enrique Peña Nieto. Or, de nombreuses personnalités mexicaines ont exhorté leur président à annuler sa rencontre avec Donald Trump pour protester contre le projet de mur à la frontière entre les deux pays.

L’annonce de la construction du mur de Donald Trump avant la vite EPN est un affront au Mexique. On doit reconsidérer la visite

A écrit sur Twitter l’opposante Margarita Zavala, potentielle candidate du parti conservateur (PAN) à l’élection présidentielle de 2018.

Quant à l’ancien président mexicain Vicente Fox, il s’en est pris avec virulence au porte-parole de la Maison Blanche :

Sean Spicer, je l’ai dit à et je vous le dis maintenant. Le Mexique ne paiera pas pour ce putain de mur.

A-t-il grondé en anglais sur Twitter.

Publié le jeudi 26 janvier 2017 à 10:15, modifications jeudi 26 janvier 2017 à 10:15

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