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Etats-Unis : Pas de visa sans fournir son identité sur les réseaux sociaux et ses contacts

Donald Trump avait annoncé vouloir une « vérification poussée » des personnes souhaitant venir dans le pays. Le département d’Etat a publié un projet dans ce sens pour l’obtention de visa américain.

La rumeur se faisait plus insistante depuis plusieurs mois, c’est désormais confirmé. Selon Reuters, le gouvernement fédéral américain pourrait prochainement proposer à l’Office of Management and Budget d’exiger une liste des profils de réseaux sociaux utilisés ces cinq dernières années par les candidats à l’obtention d’un visa américain.

Cette réforme va dans le sens de la promesse de Donald Trump de mettre en place un « écrémage extrême » des étrangers souhaitant se rendre sur le territoire américain.

Vérification poussée

En clair, les voyageurs qui voudront se rendre aux Etats-Unis devront notamment fournir :

  • Leurs identités sur les réseaux sociaux,
  • Leurs précédents numéros de téléphone
  • Et leurs adresses e-mail.

D’autres questions portent, pour les cinq dernières années, sur les numéros de téléphone. Adresses de courriels et voyages à l’étranger.

Peut-on lire dans le document publié par le Journal Officiel américain (Federal Register).

Ces critères ont été énoncés dans un projet émis par le département d’Etat et publié vendredi 30 mars. Par ailleurs, ces mesures devraient concerner dix millions de personnes par an, qui souhaitent obtenir un visa de tourisme ou qui aspirent à immigrer aux Etats-Unis. Toutefois, comme le stipule Reuters, elle n’affectera pas les voyageurs diplomatiques ni les responsables gouvernementaux. En outre, le programme d’exemptions de visas (ESTA) dont bénéficie une quarantaine de pays riches, dont trente en Europe, n’est pas mentionné dans ce texte. Rempli préalablement sur internet, il permet à ces ressortissants de rester 90 jours aux Etats-Unis sans avoir à passer par la lourde procédure d’obtention d’un visa.

559.000 demandes déposées en 2017

Lors de la dernière année fiscale, quelque 559.536 personnes ont déposé une demande de visa d’immigration. Et 9,7 millions pour différentes formes de visas de visite aux Etats-Unis. Or, aujourd’hui, seuls des cas jugés spéciaux sont aussi spécifiquement étudiés. Déjà de nombreuses voix se sont élevées contre cette proposition. Alors qu’elle est considérée comme une « atteinte à la liberté d’expression » par les organisations de défense des droits civiques, d’autres s’interrogent également sur la manière dont les autorités américaines vont pouvoir traiter les potentiels 15 millions de dossiers annuels.

Ainsi, avec l’annonce de ce projet s’est ouverte une période de consultation publique de soixante jours sur ces modifications. Elles devraient être approuvées le 29 mai.

Les autorités défendent ce projet en expliquant que cela leur permettrait d’identifier des extrémistes potentiels. Ils ont notamment pris exemple sur le couple qui a commis la fusillade en décembre 2015 à San Bernardino en Californie. Ils avaient obtenu un visa alors qu’ils auraient prôné le « djihad » sur les réseaux sociaux.

Publié le mercredi 4 avril 2018 à 10:35, modifications mercredi 4 avril 2018 à 10:04

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