Monde

Etats-Unis : la conseillère de Trump confrontée à ses mensonges sur CNN

Kellyanne Conway, la conseillère de Donald Trump à l’origine des « faits alternatifs », a passé un mauvais quart d’heure lors d’une récente interview avec le journaliste Jake Tapper sur CNN.

On commençait à se demander combien de temps allait durer cette manie des « faits alternatifs ». Cette expression, symbolique de la campagne et du début de la présidence de Donald Trump, fait froid dans le dos. Trop souvent utilisés depuis quelques temps, ces « faits alternatifs » permettent à l’administration Trump de nier la vérité au profit d’informations plus floues et souvent erronées. C’est Kellyanne Conway, une des conseillères de Donald Trump, qui est à l’origine de cette expression.

Depuis quelques semaines, Conway a beaucoup fait parler d’elle. Et pour cause : chacune de ses interventions médiatiques regorgent de ces « faits ». Elle en a même fait sa marque de fabrique, et a pris pour habitude de mentir sans ciller face aux journalistes. Mais lors d’une interview sur CNN ce mardi 8 février, la conseillère a été confrontée à ses mensonges. Menée par Jake Tapper pendant plus de 20 minutes, on a pu voir Kellyanne Conway graduellement perdre pied. En effet, le journaliste s’est armé de faits vérifiés et a dénoncé en direct les mensonges de Conway et du président américain.

Les « faits alternatifs » à l’épreuve de la vérité

On a donc pu voir Kellyanne Conway en grande difficulté pour expliquer certains propos de Donald Trump. En effet, celui-ci avait reproché aux médias de n’avoir délibérément pas couvert certains attentats terroristes. La Maison Blanche avait même diffusé une liste des attentats en question. Malheureusement pour Conway, Jake Tapper avait bien préparé son interview. Il a montré à la conseillère un article du New York Times reprenant le traitement des attentats soi-disant non-couverts.

Mal à l’aise, Kellyanne Conway a également dû se justifier sur les fausses affirmations de Trump sur la criminalité. En effet, celui-ci avait récemment déclaré que les crimes étaient à leur plus haut niveau depuis 47 ans. Une information erronée puisque la criminalité aux Etats-Unis est en baisse depuis les années 70. Conway a finalement admis ne pas savoir où le président avait trouvé ses sources.

Mais le plus intéressant reste la question du « massacre de Bowling Green ». Il y a quelques jours, Kellyanne Conway avait tenté de justifier la mise en place du décret anti-immigration de Donald Trump. Elle avait notamment évoqué le massacre de Bowling Green, un attentat qui aurait été ravageur et dont les médias n’auraient pas parlé. Problème, cet attentat n’a jamais eu lieu. Conway a donc du faire son mea culpa. Elle s’est excusée, en disant avoir employé les mauvais mots. Celle qui assure avoir un profond respect pour la vérité a également dû admettre que CNN ne diffusait pas de fausses informations, un propos souvent énoncé par Donald Trump. Alors, cette interview signe-t-elle enfin la fin des « faits alternatifs » ?

Publié le jeudi 9 février 2017 à 11:40, modifications jeudi 9 février 2017 à 11:33

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