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Elections législatives en Suède : L’immigration au cœur de la campagne fait progresser l’extrême-droite

Pour la première fois, l’extrême-droite pourrait connaître une percée historique aux élections législatives en Suède, grâce au leader du parti Démocrates de Suède, Jimmie Akesson.

Quelque 7,5 millions d’électeurs ont commencé à voter ce dimanche 9 septembre en Suède lors des élections législatives. Un scrutin qui devrait élire le nouveau Premier ministre. Déjà, les Démocrates de Suède (SD), un parti d’extrême-droite anti-immigration, est crédité de plus de 20% des voix. Un score a priori insuffisant pour mener son leader, Jimmie Akesson, au pouvoir. Toutefois, il s’agit d’un taux historique en réponse à la politique d’accueil du pays en matière d’immigration.

L’immigration au coeur de la campagne

Ainsi, l’Europe entière a les yeux braqués sur la Suède. En effet, l’immigration s’est invitée comme un des enjeux principaux de la campagne. Pour preuve, l’extrême droite affiche une progression significative, dans un pays qui a accueilli des dizaines de milliers de réfugiés ces dernières années. Avec ses 9,5 millions d’habitants, c’est le pays européen qui a accueilli le plus de migrants proportionnellement à sa population. Pour mémoire, en 2015, la Suède avait accueilli 160.000 réfugiés syriens, en leur donnant des titres de séjour permanents.

En outre, avant l’arrivée de ces réfugiés, en 2014, le parti populiste n’avait fait que 13% aux élections législatives. Quatre ans plus tard en 2018, il est crédité de 20% dans les sondages. Il arrive troisième, après la coalition de gauche (40%) et celle de droite (38%).

Un opposant aux autres partis

Depuis plus d’un siècle, le Parti social-démocrate du Premier ministre sortant Stefan Löfven, et les Modérés (conservateurs) d’Ulf Kristersson se sont succédés à la tête de la Suède. Toutefois, les Démocrates de Suède, un parti anti-immigration, nationaliste et europhobe créé en 1988 par d’anciens militants néonazis, entend rebattre les cartes du jeu politique. A la tête du parti, Jimmie Akesson se présente comme «  l’artisan de la normalisation de son parti anti-immigration et conservateur ». Sa campagne a clairement annoncé vouloir en finir avec « le généreux Etat-providence », reconnu dans toute l’Europe. A noter que les Démocrates de Suède ont fait leur entrée au parlement en 2010 seulement, avec 5% des voix. Et, dans un laps de temps très court, il est donc parvenu à faire oublier l’héritage néonazi du parti. Parvenant même à séduire d’anciens électeurs de gauche.

Il ne sera peut-être pas Premier ministre, mais il peut être un opposant aux autres partis. Il a une ligne très claire.

A expliqué Matt, cité par BFMTV.

Pour tenter d’endiguer la progression de l’extrême droite, le gouvernement de gauche a décidé de durcir sa politique migratoire en mai dernier. En effet, il a divisé par deux le nombre de migrants installés dans le pays, et a mis un terme aux aides sociales pour ceux qui n’ont pas obtenu le droit à l’asile.

Publié le dimanche 9 septembre 2018 à 13:24, modifications dimanche 9 septembre 2018 à 13:24

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