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Etats-Unis : Donald Trump, premier pas vers la destitution ?

La première étape d’une procédure « d’impeachment » contre Donald Trump a été lancée hier par Brad Sherman, un député démocrate.

Brad Sherman, un élu démocrate de la Chambre des représentants des États-Unis a déposé mercredi 12 juillet une résolution visant à lancer une procédure de destitution de Donald Trump.

Depuis le début de son mandat, la présidence Trump est mise à rude épreuve. En effet, le locataire de la Maison-Blanche n’en finit pas d’accumuler les faux pas et d’encaisser les accusations.

Ainsi, Brad Sherman a dénoncé par cet acte une tentative d’obstruction à la justice, par le Président américain.

En effet, d’après le député, accompagné dans sa démarche par son collègue Al Green, cette offense à la justice s’est produite lors des interventions de Donald Trump contre l’ancien directeur du FBI James Comey, dans l’enquête sur l’un de ses proches conseillers, Michael Flynn.

Cette procédure d’impeachment arrive au moment où de nouvelles informations ont été révélées dans l’enquête sur l’ingérence de la Russie dans la campagne électorale.

En effet, des échanges entre le fils de Donald Trump et un intermédiaire pour organiser une rencontre avec une avocate russe ont été publiés. Donald Trump Jr a fini par lui-même publier ces échanges au nom, dit-il, de la « transparence ».

Comment fonctionne l’impeachment ?

Cette procédure est un pouvoir de la Chambre des représentants, inscrit dans l’article 2 de la Constitution américaine.

Il permet de mettre en accusation un haut fonctionnaire américain (notamment le Président) pour le forcer à démissionner, si le Sénat en décide ainsi.

Comme le rappelle Le Parisien, aux Etats-Unis, le Congrès a le pouvoir de destituer le président selon une procédure en deux temps.

Tout d’abord, la Chambre des représentants vote une mise en accusation (“impeachment”, en anglais). Ensuite, le Sénat juge le président et vote pour condamner (à une majorité des deux tiers) ou acquitter.

En cas de condamnation, le président est automatiquement destitué.

Déposer des articles de destitution est la première étape d’une longue route.

A reconnu Brad Sherman, en ajoutant :

Mais si l’incompétence impulsive continue, à la fin, les Républicains se joindront au combat en faveur de la destitution.

Pourtant, cette démarche longue et complexe n’a jamais abouti à la destitution d’un président dans l’histoire américaine. Seulement deux ont été mis en accusation puis acquittés. Il s’agit de Andrew Johnson en 1868. Et de Bill Clinton en 1998.

En 1974, Richard Nixon avait préféré démissionner pour éviter une destitution certaine par le Congrès en raison du scandale du Watergate.

En visite à Paris, à l’occasion du défilé du 14 juillet, Donald Trump n’a pas commenté la démarche de Brad Sherman.

Néanmoins, une porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a évoqué une procédure « complètement ridicule ». Elle a estimé que cela relevait du « pire du jeu politique ».

Si elle a donc peu de chance d’aboutir, cette procédure a tout de même une forte charge symbolique.

Publié le vendredi 14 juillet 2017 à 13:33, modifications vendredi 14 juillet 2017 à 11:35

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