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Donald Trump : « Personne de l’année 2016 »

Dans un premier temps peu pris au sérieux, Donald Trump a, au terme d’une campagne hors norme, écrasé tous ses adversaires dans la course aux primaires républicains pour ensuite remporter l’élection présidentielle américaine.

Lundi 19 décembre, le collège électoral américain a confirmé la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine par 306 voix contre 227 pour Hillary Clinton.

L’homme d’affaires imprévisible deviendra donc le 45e président des Etats-Unis.  Il prêtera serment lors de son investiture à Washington, le 20 janvier prochain.

Une accession au pouvoir inattendue

Promettant aux Américains ordre et sécurité, le magnat de l’immobilier et animateur de télévision s’est démarqué par ses positions iconoclastes mais aussi son style, à la fois outrancier et sexistes.

Divisant au sein même de son propre parti des Républicains, il l’a cependant emporté sur sa concurrente, la démocrate Hillary Clinton.

Pourtant, Donald Trump n’est pas un politicien. Au départ, l’homme est un magnat de l’immobilier, comme son père avant lui.

Après avoir assis sa position dans le monde des affaires, Donald Trump a commencé à se diversifier en investissant dans des domaines très variés. Il a, par exemple, acquis une équipe de football américain, les New Jersey General, dans les années 80, puis une compagnie aérienne, la Eastern Air Lines.

Ensuite, il a renforcé sa notoriété en se lançant dans la télévision. Après être devenu propriétaire du concours de beauté Miss Univers en 1996, il a lancé sa propre émission de télé-réalité en 2004, The Apprentice. Dans ce programme, des candidats postulaient pour intégrer son empire.

Une émission qui a connu un succès retentissant puisqu’elle a ensuite été adaptée pour accueillir des candidats célèbres tels que Stephen Baldwin, Khloé Kardashian, Cyndi Lauper ou la Toya Jackson.

Démocrate ou républicain ? Donald Trump a hésité

S’il songeait déjà depuis plusieurs années à la politique, ce n’est qu’après être devenu une célébrité que Donald Trump a passé le cap. Le milliardaire, qui a d’abord adopté des positions démocrates, a ensuite envisagé de se présenter aux primaires républicaines en 1988 pour finalement abandonner le projet.

Il finira par annoncer sa candidature aux primaires républicaines le 16 juin 2015 avec l’ambition de « rendre ce pays grand à nouveau ».

Par la suite, le milliardaire est devenu le cauchemar d’une large partie des républicains, désormais au pied du mur.

Depuis l’annonce surprise de sa candidature jusqu’à sa victoire inattendue, en passant par ses déclarations polémiques, l’homme d’affaires a réussi à voler la vedette à tous ses concurrents et à déjouer les pronostics.

Donald Trump en rassembleur des Etats-Unis

Selon le site The Conversation, son irrésistible ascension reposerait sur les trois points suivants :

  • Un populisme décomplexé

Son discours anti-Washington séduit les classes populaires blanches, au capital culturel faible, qui n’ont pas bénéficié des fruits de la croissance économique. Et, même si elles ne sont pas nécessairement au chômage, elles n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

  • Un fervent protectionnisme

Trump, qui est un fervent protectionniste, souhaite aussi augmenter les taxes sur les importations de produits manufacturés. Il a qualifié l’ALENA de « désastre ». Selon lui, la Chine et le Mexique ont provoqué la destruction de millions d’emplois aux États-Unis.

  • La nostalgie d’une Amérique blanche et protestante

Trump incarne, mieux que tous ses rivaux, la nostalgie d’un âge d’or de l’Amérique blanche et protestante. Cette Amérique qui est dans le déni des bouleversements démographiques – d’ici 30 ans, les Blancs caucasiens seront minoritaires. Une Amérique qui craint la mondialisation économique et culturelle, la colorisation des élites. Dont Obama est l’incarnation parfaite et honnie, le multiculturalisme. Et bien sûr l’islam assimilé au terrorisme.

De fait, les sondeurs étaient quasi-unanimes. Depuis des semaines, Hillary Clinton avait l’avantage dans la plupart des « swing States ». Ces Etats indécis pouvant faire basculer l’élection.

De plus, il ne faisait aucun doute qu’elle serait soutenue par l’establishment et les minorités. La candidate démocrate allait donc emporter la Maison Blanche.

En réalité, Hillary Clinton a non seulement perdu dans les principaux Etat-pivots mais elle a aussi été battue dans des bastions démocrates comme le Wisconsin, la Pennsylvanie ou le Michigan.

Pire : les démocrates, censés reprendre le Sénat, se sont effondrés aux législatives.

Bref, rien ne s’est passé comme prévu et l’outsider Trump est finalement devenu l’homme le plus puissant du monde.

Publié le samedi 31 décembre 2016 à 9:03, modifications samedi 31 décembre 2016 à 10:21

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