Monde

Démasqué, un brésilien se faisait passer pour un photographe de guerre

Un jeune brésilien se présentant comme un photographe de guerre a été démasqué. Un certain Eduardo Martins, dont l’identité n’est pas confirmée, modifiait les photos prises par de “vrais” photographes et disait avoir couvert les conflits les plus tendus.

130.000 followers sur Instagram

Photographe de guerre, survivant de la leucémie, reconnu par les médias, plus de 130 000 abonnés sur Instagram… C’est une histoire parfaite pour un certain Eduardo Martins, dont l’identité n’est pas confirmée. Sauf que, tout cela n’est qu’un mensonge. Depuis 3 ans le jeune brésilien s’est fait passer pour un photojournaliste couvrant des zones de guerre. Son compte Instagram, edu_martinsp, était même suivi par de nombreux photographes reconnus des Nations Unies. Son travail est apparu dans les plus grands journaux et agences de photographie tels que Getty Images, The Wall Street Journal, Vice et BBC Brasil.

L’homme prétendait être un photographe affilié aux Nations Unies et avoir couvert les conflits les plus tendus en Irak, en Syrie, ainsi que celui de la bande de Gaza et la bataille de Mossoul contre l’Etat Islamique. Sa technique ? Prendre les photos de réels photographes et les inverser créant ainsi un effet miroir. Il revendait par la suite ses photos à la presse en se faisant passer par le propriétaire. Certaines des photos appartenaient en réalité à l’américain Daniel C. Britt. Dans une publication Facebook, le photographe brésilien Ignacio Aronovich s’est amusé à comparer les photos d’Eduardo Martins et celles de Britt.

Le rendu est impressionnant :

“Quelqu’un me volait mon identité”

C’est un certain Max Hepworth-Povey qui a découvert le pot aux roses. En effet, l’homme qui apparaissait sur les photos de cet “Eduardo” se nomme en fait… Max Hepworth-Povey ! Il est professeur de surf britannique et travaille également pour le magazine Wavelenght Surf MagAlors. Il a expliqué à la BBC Brazil qu’il a découvert la supercherie un peu par hasard :

J’étais en train de me relaxer, en buvant du vin, lorsqu’un ami de Walenght magazine m’a appelé pour me dire que quelqu’un me volait mon identité pour une sorte de blague sur Internet

L’enquête avance avec BBC Brazil et une de leur collaboratrice qui vit au Moyen-Orient, Natasha Ribeiro. À l’époque, elle avait été contactée par “Eduardo”, mais s’était méfiée de lui.

Personne, parmi les autorités et les organisations non gouvernementales en Syrie et en Irak, n’a jamais vu ni entendu parler d’Eduardo Martins

a affirmé la jeune femme.

Alors que la supercherie commençait à se démanteler, le journaliste brésilien Fernando Costa Netto a été la dernière personne à être entré en contact avec Martins. Ce dernier a averti l’arnaqueur avec qui il échangeait beaucoup sur WhatsApp, que des médias avaient découvert la vérité. “Eduardo” supprime alors son compte Instagram, son site internet et envoie un dernier message à son correspondant :

Je suis en Australie. J’ai décidé de prendre une année sabbatique dans un van. Je vais tout désactiver et me couper d’Internet. Je veux être en paix, nous nous verrons à mon retour. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux m’écrire à cette adresse (…) Je t’embrasse fort. Je vais supprimer WhatsApp. Que Dieu te bénisse. Je t’embrasse

Aujourd’hui l’escroc s’est volatilisé dans la nature et reste introuvable.

Publié le samedi 9 septembre 2017 à 14:02, modifications dimanche 10 septembre 2017 à 4:11

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