Monde

Crise des migrants : la Grèce se révolte contre l’Union européenne

Le ministre grec de la politique migratoire, Yannis Mouzalas, a exprimé son mécontentement contre le non-respect de l’Union européenne de ses engagements pour aider la Grèce dans la crise migratoire.

Ce lundi 31 octobre, Yannis Mouzalas, Secrétaire d’Etat au Ministère de l’Immigration du gouvernement grec, a exprimé son mécontentement à l’égard de l’Union européenne :

Nous disons en colère à l’Europe qu’elle doit enfin respecter ses obligations.

A-t-il ainsi expliqué à la télévision publique grecque Ert1 où il s’exprimait en marge du départ pour la Finlande de 111 réfugiés syriens, dans le cadre du programme européen de répartition dans l’Union européenne des réfugiés ayant afflué depuis 2015.

En effet, après des mois d’attente de leur demande d’asile ou de regroupement familial, les migrants ont enfin eu la possibilité de quitter Athènes en avion.

Alors qu’il arrive en moyenne quotidiennement 120 à 150 migrants par jour et qu’ils sont actuellement au nombre de 65 000 sur le sol grec, la Grèce est en première ligne de cette immense crise migratoire sans précédent.

Ainsi, Yannis Mouzalas, a expressément demandé à l’Europe de respecter les règles qu’elle a elle-même fixées et de faire preuve de plus de coopération et de solidarité. La Grèce demande aux autres pays européens de respecter les décisions du Conseil européen de septembre 2015 et d’accueillir 200 migrants par jour.

Aujourd’hui, un an après le lancement de ce programme, les partenaires européens n’ont pris en charge que 5 000 réfugiés au départ de la Grèce, alors qu’ils avaient promis d’en accueillir 33 000 la première année, et autant d’ici fin 2017.

S’est indigné le ministre.

De plus, il a dénoncé le « sabotage » de ce plan européen par les pays du groupe Višegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), qui s’y opposent farouchement, et contre lesquels la Grèce réclame des sanctions européennes.

Effectivement, la Commission européenne avait évoqué dans un premier temps la possibilité de rétorsions financières contre les États membres qui ne jouaient pas le jeu de la relocalisation, mais n’a plus fait état de sanctions depuis.

Yannis Mouzalas s’en est aussi pris à l’absence de soutien européen pour la mise en œuvre de l’accord UE-Turquie qui prévoit qu’après le 20 mars 2016 tout migrant illégal doit être renvoyé de la Grèce vers la Turquie, dans le but de couper court à la route migratoire égéenne.

Ainsi, de l’avis du gouvernement grec, l’Union européenne n’épaule pas suffisamment la Grèce dans ces périodes difficiles. Des aides sont réclamées fréquemment devant l’urgence : en 2015, il y a eu 13 500 demandes d’asile, jusqu’à octobre 2016 : 35 000. La Grèce, puisqu’elle applique les règles européennes, assène les autres États membres de faire de même et donc d’assumer leurs responsabilités.

L’UE se doit de soutenir cet accord, ce n’est pas une question de solidarité avec la Grèce c’est une obligation.

A insisté Yannis Mouzalas.

En outre, l’Union européenne avait promis des renforts en experts de l’asile pour permettre à la Grèce d’organiser les renvois dans le respect du droit d’asile, mais ce personnel « est absent », a souligné le ministre.

Résultat, les services grecs sont débordés car la plupart des migrants et réfugiés concernés ont déposé des demandes d’asile pour tenter de bloquer ou retarder leurs renvois en Turquie, provoquant une « surconcentration » sur les îles, où le regroupement de plus de 16 000 exilés alimente des tensions récurrentes.

Dans le même temps, l’Etat grec souhaite transférer en Grèce continentale une partie de cette population, « dans des centres fermés », mais se heurte au refus de ses partenaires européens, qui craignent une reprise massive des flux irréguliers.

Un véritable casse-tête pour la Grèce qui a une place géopolitique ment difficile et qui doit faire face à la crise migratoire.

Publié le mardi 1 novembre 2016 à 9:07, modifications mardi 1 novembre 2016 à 8:26

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