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Corée du Nord : Le demi-frère de Kim Jong-Un assassiné en Malaisie

Deux femmes suspectées d’empoisonnement seraient impliquées dans ce drame

Kim Jong-Nam, le demi-frère du dirigeant Nord-Coréen Kim Jong-Un, serait décédé en ce début de semaine. Ce drame terrible pour la Corée du Nord ne serait pas lié à une cause naturelle. D’après des informations d’une agence de presse sud-coréenne, il aurait en effet été tué lundi à Kuala Lumpur, en Malaisie.

Le demi-frère de Kim Jong-Un, Kim Jong-Nam, a été assassiné lundi à Kuala Lumpur selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Il était âgé de 45 ans.

Disparition de Kim Jong-Nam : la piste de l’empoisonnement privilégiée

Selon la chaîne de télévision sud-coréenne Chosun, Kim Jong-Nam aurait été empoisonné avec des aiguilles par deux femmes, à l’aéroport international de Kuala Lumpur.
Le responsable de la police à l’aéroport, le commissaire adjoint Abdul Aziz Ali, avait révélé qu’un quadragénaire coréen avait été découvert malade lundi à l’aéroport. Immédiatement transporté à l’hôpital par les autorités de l’aéroport, il serait mort en route.

Kim Jong-Nam : un leader déchu aux ambitions de réformes pour la Corée du Nord

Kim Jong-Nam a longtemps été considéré comme le successeur légitime de son père Kim Jong-Il. Malheureusement l’héritier potentiel est tombé en disgrâce. Une affaire de passeport falsifié l’a contraint à l’exil. Il avait notamment voulu se rendre au Japon en 2001 pour visiter Disneyland. Kim Jong-Nam vivait depuis de nombreuses années à Macao. Son demi-frère Kim Jung-Un a accédé à la fonction suprême en devenant le leader de la Corée du Nord après la mort de leur père en décembre 2011.

Le spectre d’un assassinat politique ?

Le demi-frère de Kim Jong-Un qui vient donc de mourir pourrait ainsi avoir été victime d’un assassinat politique. Il avait clairement affirmé être en faveur de réformes en Corée du Nord. Il s’était également confié à un quotidien japonais sur son opposition au mode de succession dynastique du pouvoir.

La disparition de Kim-Jung Nam rappelle l’exécution de Jang Song-Thaek, l’oncle de Kim Jung-Un. Le pouvoir Nord-Coréen semble donc plonger à nouveau dans la triste et terrible phase des assassinats politiques et des procès arbitraires.

L’une des femmes recherchées a été arrêtée en Malaisie

La rédaction du Monde a indiqué qu’une des deux femmes suspectées d’être à l‘origine de l’empoisonnement a été interpellée dans la matinée du mercredi 15 février, selon des informations du chef de la police malaisienne. Une femme munie d’un passeport vietnamien a été arrêtée à l’aéroport de Kuala Lumpur tôt dans la matinée. Cette interpellation a été effectuée dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Kim Jong-Nam, le demi-frère en disgrâce du dictateur nord-coréen, Kim Jong-Un. Cet assassinat aurait donc pu être commis par des espionnes vietnamiennes.

Le chef de la police malaisienne a communiqué des informations sur la jeune femme. Elle disposait d’un document au nom de Doan Thi Huong, née le 31 mai 1988, au moment de son arrestation. La jeune femme a été :

formellement identifiée à partir des caméras de surveillance à l’aéroport et était seule au moment de l’arrestation.

L’agence Reuters a précisé que Washington était persuadé de l’implication des services secrets nord-coréens dans cet assassinat. Kim Jong-Nam était en possession d’un passeport au nom de Kim Chol, né en 1970 à Pyongyang. La police malaisienne a confirmé que l’homme décédé à l’aéroport était malheureusement bien Kim Jong-Nam.

La piste de l’empoisonnement de plus en plus crédible

Selon des précisions du Monde, Kim Jong-Nam a vraisemblablement été empoisonné lundi par deux femmes qui auraient pris la fuite en taxi. Certains médias Coréens ont révélé la piste de l’utilisation d’aiguilles empoisonnées. D’autres évoquent la possibilité d’un liquide lancé au visage de la victime.

Une tentative d’assassinat déjouée en 2012 selon la Corée du Sud ?

Le demi-frère de Kim Jong-Un, assassiné lundi, avait imploré déjà en 2012 le dirigeant nord-coréen de l’épargner. Kim Jong-Nam avait déjà survécu, lui et sa famille, à une tentative de meurtre, selon des députés sud-coréens. Les parlementaires se sont confiés à la presse en ce mercredi 15 février. Ils sortaient d’une réunion à huis clos avec la patron des renseignements sud-coréens (NIS) Lee Byung-Ho.

Kim Byung-Kee, membre de la commission des renseignements du Parlement, aurait ainsi déclaré aux journalistes :

Selon (Lee), [Kim Jong-Nam] a été victime d’une tentative d’assassinat en 2012 et Jong-Nam a envoyé en avril 2012 une lettre à Jong-Un lui écrivant : s’il te plaît épargne moi et ma famille.

Si les faits et les accusations à l’encontre du pouvoir étaient avérés, ce drame risque de plonger les Coréens dans l’incertitude sur les intentions et les ambitions de Kim Jung-Un à la tête de la Corée du Nord.

Publié le mercredi 15 février 2017 à 17:37, modifications mercredi 15 février 2017 à 17:37

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