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Corée du Sud : Les Coréennes demandent à mettre un terme au voyeurisme par caméra-espion qui gangrène le pays

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Leurs protestations contre le voyeurisme à grande échelle organisé dans le pays ont rassemblé 70 000 manifestantes dans les rues de Séoul ce samedi 4 août.

En Corée du Sud, les manifestations de femmes à l’encontre du phénomène de voyeurisme en hausse dans le pays depuis mai 2018 battent des records. Ce samedi 4 août, les Coréennes étaient 70 000 dans les rues de Séoul, malgré les températures pouvant dépasser les 37 degrés. Un mouvement qui ne faiblit pas et qui témoigne de la croissance et de l’impunité de cette dangereuse tendance qui consiste à les épier dans les lieux publics.

“molka”, le voyeurisme étendu fait sombrer les Sud-Coréennes dans la paranoïa

Les Coréennes aussi empruntent au mouvement #MeToo, et dénoncent depuis plusieurs mois des faits qui relèvent de la criminalité organisée et qui portent atteinte à leurs droits. Depuis plusieurs mois, un phénomène récurrent, baptisé « molka » est observé chez la gent masculine du pays : Des hommes épient les femmes à l’aide de caméras de vidéo-surveillance placées dans des lieux aussi communs que les trains, les écoles, les vestiaires, les toilettes publiques et diffusent les images tournées sur internet.

Les coupables sont des milliers, issus de tous les pans de la société : Professeurs, pasteurs, responsables gouvernementaux et même policiers ou juges. Avec un nombre de signalements grandissant, passé de 1 100 en 2010 à plus de 6500 l’an dernier, la plupart des arrestations mènent à des peines de prison avec sursis, quand les voyeurs n’écopent pas de simples amendes.

Les femmes ont peur d’aller aux toilettes

Face à cette traque massive qui vole aux femmes des moments de leur intimité conduit la population féminine de Corée du Sud à la vigilance perpétuelle. Une jeune femme, Mme Lee, confie à l’AFP :

Entrer dans des toilettes publiques est devenu une expérience tellement stressante […] Vous ne pouvez pas savoir s’il n’y a pas une caméra espion cachée quelque part […] en train de vous filmer pendant que vous faites pipi.

L’étudiante de 21 ans affirme vérifier s’il n’y a pas de « trous suspects » dissimulés, et en vient à boucher les interstices avec du tissu avant de s’asseoir sur la cuvette.

“My life is not your porn”, les Coréennes revendiquent leurs droits

Lors des rassemblements de ce week-end dans la capitale, les manifestantes ont à nouveau dénoncer une « pornographie par caméra-espion » et demandé à ce que les sites qui diffusent leurs images soient fermés et que ces agissements soient réellement pris en charge par les autorités et la justice, avec notamment des peines plus sévères pour les concernés. Elles clamaient un même message : « Nous ne pouvons plus vivre comme ça », « My life is not your porn » (Ma vie n’est pas ton porno). Les dizaines de milliers de femmes étaient couvertes malgré la canicule, munies de chapeaux, de lunettes de soleil et d’étoffes faisant office de masques. Une tenue destinée à éviter le harcèlement et les représailles sur internet.

Publié le lundi 6 août 2018 à 15:02, modifications lundi 6 août 2018 à 11:53

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