Monde

Colombie : Le « non » des Colombiens met la paix avec les Farc en suspens

Les Colombiens ont rejeté, à une faible majorité, l’accord de paix avec les Farc. S’il s’agit d’un affront pour le président Juan Manuel Santos, c’est surtout tout un pays qui plonge dans l’incertitude.

Les Colombiens étaient appelés aux urnes dimanche 2 octobre pour ratifier l’accord de paix signé le 26 septembre entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et le chef des Farc (les Forces armées révolutionnaires de Colombie), Rodrigo Londono, dit « Timochenko ».

A la surprise générale, et à une très courte majorité, ils ont dit « non » : 50,22 % des voix contre 49,77 %. Ils ont ainsi mis leur veto au document de 297 pages négocié pendant quatre ans à Cuba.

Ce référendum, non obligatoire, avait été voulu par le président Juan Manuel Santos pour donner la « plus large légitimité » possible à cet accord de paix.

Si les sondages annonçaient un scrutin serré, ils donnaient malgré tout le camp du « oui » vainqueur. Dans ces conditions, ce résultat représente un véritable séisme en Colombie. A l’image du référendum sur le Brexit en Grande-Bretagne, les Colombiens se sont réveillés avec de vives inquiétudes :

Et celle qui revient sur toutes les lèvres : la guerre va-t-elle reprendre ?

Alors, pour rassurer l’opinion publique, Juan Manuel Santos, le chef de l’État, est apparu sans tarder à la télévision dimanche soir. Prenant acte de sa défaite, il a toutefois annoncé que le cessez-le-feu resterait en vigueur

Je ne me rendrai pas et continuerai à rechercher la paix

A-t-il déclaré, solennellement.

Avant lui, le chef des Farc, Rodrigo Londono, avait aussi pris la parole, rapidement, réaffirmant « la volonté de paix » de la guérilla et son engagement à

User seulement de la parole comme arme de construction du futur.

Avant de conclure :

Au peuple colombien qui rêve de paix, comptez sur nous. La paix triomphera.

A présent, tous les regards se tournent vers le troisième homme, grand absent de Carthagène lorsqu’a été signée ce traité de paix : Alvaro Uribe.

Dès dimanche soir, l’ancien président du pays (de 2002 à 2010) et actuellement sénateur de droite, grand leader du « non », a appelé à un « grand pacte national » :

Nous voulons contribuer à un grand pacte national. Il nous semble fondamental qu’au nom de la paix, ne soient pas mises en danger les valeurs qui la rendent possible

A-t-il déclaré jugeant l’accord trop favorable aux Farc, notamment en matière de justice.

Publié le mardi 4 octobre 2016 à 12:01, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !