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Le Chili autorise l’avortement … sous certaines conditions

La Chambre des députés chiliens a autorisé (à 66 voix pour et 44 voix contre), jeudi 17 mars 2016, l’avortement en cas de viol, malformation fœtale et de risques pour la santé de la mère.

Le Chili était l’un des derniers pays au monde (avec Le Salvador, Malte, Le Vatican et Le Nicaragua) à interdire toute forme d’avortement et ceci quelqu’en soient les circonstances.

Cette loi, soutenue par la présidente Michelle Bachelet, est une avancée considérable pour le droit à l’avortement des chiliennes.

C’est incroyable, c’est approuvé

a annoncé Marco Antonio Nuñoz, le président de la Chambre des députés.

En août 2015, le Congrès chilien avait approuvé un texte de loi concernant la dépénalisation de l’avortement en cas de risque pour la vie de la mère, de malformation ou de grossesse due à un viol. Ce texte était nécessaire pour légiférer sur un sujet hautement polémique au Chili.

En effet, le pays est considéré comme l’un des plus conservateur d’Amérique latine (par exemple, le divorce n’a été validé qu’en 2005 et plus de 70% des chiliens se déclare catholique pratiquant).

Au Chili, l’avortement avait déjà été légalisé en 1931 pour raisons médicales, puis strictement interdit en 1989, à la fin de la dictature d’Augusto Pinochet. Maintenu sous la pression de l’église catholique et des groupes conservateurs.

Si la majorité des pays Amérique Latine (à l’exception de Cuba, Le Guyana l’Uruguay ou la ville de Mexico) s’illustre en ayant les législations les plus restrictives en matière d’avortement, ce sont paradoxalement dans ces régions qu’il y a le plus grands nombres d’interruptions de grossesses.

Face à ces interdictions, les femmes n’ont d’autres choix que de se tourner vers des méthodes d’avortements clandestines et artisanales qui mettent leur vie en danger.

Au Chili, la prochaine étape sera le dépôt de la loi au Sénat pour approbation. Dans ce cas, le Chili quittera la groupe des derniers pays où l’interruption volontaire de grossesse est encore punie par la loi.

L’opposition a d’ores et déjà annoncé qu’elle conduirait le projet devant le Tribunal Constitutionnel.

Publié le vendredi 18 mars 2016 à 13:08, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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