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Les chenils de l’enfer, une triste réalité en Tchéquie

Le trafic de chiens est une terrible réalité. Plusieurs chenils de l’enfer ont été découverts en Tchéquie, et c’est tout simplement l’horreur…

Encore une triste réalité de la maltraitance animale qui se joue non loin de chez nous. En effet, en Tchéquie, ce sont plus de 50 000 chiots qui sont vendus en Europe de l’Ouest, comme si de rien n’était. Mais leur vie n’est que souffrance ! Ils sont victimes de graves maltraitances, qui ont récemment été mises en lumière et dont il faut absolument parler. On parle ici des chenils de l’enfer. Des endroits au sein desquels l’animal n’est qu’un produit. Le chien est là pour être vendu le plus cher possible. Personne ne s’intéresse à son bien-être ni à ses souffrances qui sont passées sous silence…

Des chiots sans papier

Les chiots qui viennent de Tchéquie ne sont pas bien vieux, et pourtant, ils ont déjà connus l’enfer. Ils sont souvent bien trop jeunes, arrachés violemment à leur mère. Puis entassés dans des camions, et exportés en fraude, pour être vendus sur le marché noir, en Europe de l’Ouest. Ils sont originaires d’élevages illégaux. Et malheureusement, ces pratiques fortement lucratives, se développent chaque année un peu plus.

Tant que personne ne dira rien, les chiots resteront des objets commerciaux dont le bien-être n’a aucun intérêt pour ceux qui les vendent. Fort heureusement, certaines associations ainsi que des vétérinaires sont engagés pour dénoncer ces violences et ces maltraitances. Ainsi, on a pu notamment lire un appel de la vétérinaire Martina Naceradska, engagée dans le combat pour faire cesser ce trafic :

Essayez de vivre au moins pendant une journée comme ces chiots, dans un espace confiné et insalubre, avec un minimum de nourriture et d’eau, dans vos propres excréments…Un grand nombre de chiots sont élevés illégalement en République tchèque et dans quelques autres pays de la région, souvent dans des conditions alarmantes, puis transportés vers des pays occidentaux et confiés à des revendeurs.

Un véritable enfer pour les animaux

Les chiens reproducteurs, mâles et femelles, sont mal traités. D’ailleurs, ils sont souvent en piteux état. Ils ne servent qu’à se reproduire, et sont forcés la plupart du temps. Ils vivent dans des cages, sont battus, très peu nourris. Les femelles meurent parfois d’épuisement, seules, isolées, sans ses petits. Car oui, les bébés chiens sont enlevés dès leur naissance…

Les chiots quant à eux sont traités comme des objets. Les plus faibles sont parfois tués dès la naissance. Les autres doivent être forts s’ils veulent espérer survivre. Car ils sont arrachés à leur mère, et doivent se débrouiller. Ils manquent cruellement d’affection, sont jetés dans des caisses de transports… Ce sont des chiens qui plus tard développent souvent des problèmes de comportement et ne sont psychologiquement pas équilibrés. Mais tout cela, son futur maître (qui déboursera très cher pour l’adopter) ne le sait pas !

Car c’est aussi cela le principal problème : ceux qui vont acheter ces chiots n’ont aucune idée de l’enfer que l’animal a vécu. Ils ne connaissent pas son histoire, son origine, et la plupart du temps, on leur ment. On peut leur faire croire qu’ils proviennent d’un élevage sain, et que le chiot est en parfaite santé. Ce qui n’est malheureusement pas le cas…

Un phénomène qui ne cesse de se développer

Et pourtant, le business est très intéressant. C’est d’ailleurs pour cette raison que le phénomène augmente chaque année un peu plus. D’ailleurs, un nouveau mot a été inventé pour désigner ces pratique. Il s’agit du mot mnozirna, qui veut dire multiplicateur. Le but est donc bel et bien de faire du chiffre… Et on trouve donc de plus en plus de chiots qui naissent illégalement dans le pays.

En effet, on trouverait environ 150 éleveurs illégaux dans le pays. Ces derniers font vivre un enfer à leurs animaux. En effet, on sait par exemple qu’ils font manger des hormones aux chiennes pour qu’elles mettent bas jusqu’à trois fois par an…

Ces chenils clandestins sont situés généralement près de l’Allemagne et de l’Autriche. Tout simplement pour faire passer la frontière aux chiots qui naissent dans de terribles conditions. Et surtout parce que les pays « riches » sont très demandeurs de chiots de race. En effet, ces chiots sont vendus 75% plus chers dans ces pays qu’en Tchéquie. On comprend donc rapidement qu’il s’agit d’un véritable business et que le bien-être de l’animal n’est absolument pas une priorité.

Un business totalement illégal

Ceux qui achètent des chiens entrent en contact avec ces chenils via des petites annonces, souvent publiées sur des sites Internet. Les rendez-vous sont donnés sur des parkings ou dans des stations-services le plus souvent. On parle là de 50 000 chiots sans documents qui sont livrés illégalement à des revendeurs. Qui ensuite leurs font passer la frontière et les vendent à des particuliers.

Un chiffre d’affaires impressionnant

Chaque année, le chiffre d’affaires de ce commerce illégal augmente. On parle ainsi de 58 millions d’euros en 2016. Et ce sont principalement les races suivantes qui sont concernés par ce terrible trafic : le bouledogue français, le chihuahua, le Yorkshire Terrier, le Jack Russel, le bichon et  le cavalier King-charles.

Mais il faut savoir que pendant le transport, environ 80% des chiots meurent. Et oui, c’est ça la triste réalité… Malgré tout, le business reste très rentable. D’ailleurs, comment font-ils autant d’argent ? Ce n’est pas bien compliqué !

En effet, faire naître et élever un chiot coûte environ 50 euros. L’animal peut ensuite être revendu aux alentours de 1000 euros ! Et oui, voilà pourquoi ce business est tellement lucratif et qu’il remporte tellement de succès. D’autant plus que ce business illégal est très peu puni par la loi. Il faut en effet savoir qu’une personne prise en flagrant délit de transport d’un animal en dehors du cadre fixé par les autorités vétérinaires ne risque que 768 euros d’amende. Ces chiffres proviennent du directeur de l’Administration vétérinaire d’État, Zbynek Semerad.

Une surveillance de tous les instants

Malheureusement, c’est très difficile de démanteler ces réseaux. Cependant, certains bénévoles s’engagent en faveur de la cause animale. Pour essayer de mettre fin à l’enfer que vivent ces chiens et ces chiots, ils épluchent les petites annonces. Puis, ils se rendent sur le lieu de l’élevage et exigent que le propriétaire leur remette les chiens. Généralement, ils ont peur d’être dénoncés et donnent les animaux sans poser de questions. Mais malheureusement, ils remontent un élevage quelques jours plus tard. C’est un cercle sans fin !

Car oui, la demande est bel et bien là, et les chiots se vendent très facilement. Les chenils de l’enfer existent en Tchéquie, et c’est une réalité qu’il faut impérativement dénoncer pour le bien-être des animaux qui ne méritent pas de vivre cet enfer…

 

Publié le lundi 11 septembre 2017 à 16:45, modifications lundi 11 septembre 2017 à 15:29

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