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Charlottesville : Lâchés par de grands chefs d’entreprises, Donald Trump dissout deux conseils économiques

L’élection d’un des leurs à la Maison Blanche avait suscité l’enthousiasme des PDG américains. Après ses propos controversés sur les violences de Charlottesville, nombre d’entre eux déchantent aujourd’hui.

STORY - Episode 6/6

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La gestion chaotique des récents événements à Charlottesville par Donald Trump n’est pas sans conséquence dans les milieux économiques et financiers.

En effet, après avoir été lâché par plusieurs PDG américains, le président américain a annoncé mercredi 16 août, de dissoudre deux des instances qui le conseillent en matière de politique économique.

Plutôt que de mettre sous pression les responsables d’entreprises du Conseil sur l’industrie et du Forum de stratégie et de politique, je mets fin aux deux. Merci à tous !

A-t-il ainsi tweeté.

Des démissions en série

Le refus par le président américain de condamner sans équivoque les manifestants d’extrême droite qui s’étaient rassemblés, samedi, à Charlottesville (Virginie) a conduit, depuis lundi, à une série de démissions au sein du « presidential council on manufacturing », le Conseil sur l’industrie.

Celui-ci avait été mis en place en janvier pour relancer la production aux Etats-Unis. Il regroupe vingt-huit dirigeants d’entreprises et syndicalistes.Pourtant, ce mercredi matin, à l’issue d’une conférence téléphonique organisée en urgence, la majorité des membres de ce conseil s’apprêtait à démissionner.

L’un d’entre eux, Kenneth Frazier, qui dirige le géant pharmaceutique Merck avait annoncé lundi qu’il quittait le Conseil sur l’industrie. Il entendait protester contre les déclarations de Donald Trump après les violences de Charlottesville.

En tant que PDG de Merck et en mon âme et conscience, j’estime de ma responsabilité de prendre position contre l’intolérance et l’extrémisme.

Avait-il justifié pour expliquer sa démission.

Cette annonce avait poussé plusieurs autres PDG à quitter également l’une ou l’autre de ces instances.En effet, parmi les dirigeants figuraient les PDG d’Intel (microprocesseurs), d’Under Armour (habillement), de 3M (adhésifs et matériel de bureau). Mais surtout le président de l’Association de défense de l’industrie américaine et celui de la principale centrale syndicale américaine (AFL-CIO).

A noter qu’avant les évènements de Charlottesville, deux autres PDG, celui de Disney, Bob Iger, et de Tesla, Elon Musk, les avaient quittés en juin après la décision du président américain de se retirer des accords de Paris sur le climat.

« Des frimeurs »

Le président semble désormais nuire à l’image de marque des entreprises. Etre lié à lui devient dorénavant un handicap.Les dirigeants d’entreprises, qui n’ont déjà pas bonne presse aux Etats-Unis, doivent également faire face à la pression de leurs salariés, de leurs syndicats ou de leurs clients.

C’est ainsi que le patron de Wal-Mart, sans démissionner, a écrit ses employés en accusant Donald Trump d’avoir

Perdu une chance décisive d’unir notre pays en rejetant sans équivoque les actes épouvantables des suprématistes blancs »

Donald Trump a qualifié, mardi 15 août, les démissionnaires de « frimeurs » qui « ne prenaient pas leur job au sérieux ».

Publié le jeudi 17 août 2017 à 14:45, modifications jeudi 17 août 2017 à 14:45

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