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Dans cette fac américaine, on demande l’autorisation avant n’importe quel contact

L’Antioch College dans l’Ohio pousse à l’extrême les concepts de consentement.

C’est sans doute l’université au monde où cette logique est poussée la plus à son extrême. Ici, à l’Antioch Collège dans l’Ohio, on ne touche pas une autre personne, même un geste banal sans lui demander son accord. Une évidence pour les étudiants.

Une logique ancrée depuis de nombreuses années

C’est un passionnant reportage que proposent nos confrères du New York Times, au Antioch Collège dans l’Ohio. Une petite université qui ne compte que 135 étudiants mais qui fait figure de pionnière dans la prévention des agressions sexuelles. Tout commence en 1991. Les étudiants mettent alors sur pied un règlement de prévention des agressions sexuelles. A l’époque, beaucoup tournent l’idée en ridicule outre-atlantique. Pourtant, l’université s’appuie sur un concept simple : le consentement doit être exprimé oralement. Le silence ou le langage corporel ne peuvent être interprétés favorablement pris seuls. Si l’un des partenaires a pris de l’alcool ou de la drogue, alors aucun consentement n’a pu être donné.

27 ans plus tard, la majorité des universités occidentales ont désormais suivi le même chemin. Ne pas respecter des règles de base peut en général être passible à minima d’une expulsion. Une situation encore loin d’être parfaite comme le montre l’affaire de viol qui a secoué Stanford par exemple en 2016. C’est sans doute pour cela qu’à Antioch College, la réflexion a été poussée plus loin. A Antioch College, la question du consentement s’applique désormais de façon permanente. Pas seulement pour des rapports sexuels, mais pour toucher l’épaule, prendre la main ou embrasser. Il faut désormais demander à chaque fois, même si ce n’est pas quelque chose qui est dans le règlement. Cela fait partie de la norme sur place.

Choc culturel

Bien sûr, cela ne va pas sans difficultés, une fois sorti des murs de l’établissement. Le quotidien américain cite ainsi Alyssa Navarrette, une étudiante qui a eu des difficultés… à son domicile. Elle n’était pas prête à ce que sa mère lui fasse un câlin. : “Si tu ne veux pas que ta mère t’embrasse, tu devrais pouvoir dire non. C’est une question d’autonomie de ton corps” explique-t-elle. Des difficultés qui peuvent aussi surgir dans le monde du travail lors des stages par exemples.

Pour ceux qui visitent le campus, journalistes inclus, il faut signer une décharge avant d’arriver. Une promesse de respecter les systèmes en vigueur à Antioch. Si sur place, les étudiants ne pensent pas avoir inventé une utopie, ils pensent avoir tout de même inventé un idéal. “Le plus dur, c’est de basculer dans le mode de pensée. Ce n’est plus “non veut dire non mais “oui veut dire oui”” explique Marcell Vanarsdale, un étudiant de 22 ans.

Et au final, l’université est très loin d’être une enclave où le sexe a disparu comme le dénonçaient certains détracteurs dans les années 90. Elle organise en effet chaque année un “mois du Sexe” avec de nombreux ateliers sur le bdsm et les sex-toys ou encore la diffusion de “porno éthique”.

Publié le dimanche 4 mars 2018 à 12:17, modifications dimanche 4 mars 2018 à 12:02

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