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Catalogne : pourquoi un million de manifestants se sont réunis ?

“La Catalogne, c’est nous tous!”: c’est sur ce même slogan que les organisateurs de ce nouveau rassemblement avaient déjà réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes contre la sécession, le 8 octobre. Des milliers de manifestants en faveur du maintien de la Catalogne en Espagne se sont réunis pour manifester.

STORY - Episode 21/30

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Cela fait maintenant plus d’un mois que l’Espagne est divisée entre les pro et anti-indépendance de la Catalogne après un référendum jugé illégal par Madrid.

💡 Des antécédents à la rupture actuelle

La Catalogne n’en est pas à sa première tentative d’éloignement du gouvernement central. Le dernier épisode remonte à plus de quatre-vingts ans.

Le 6 octobre 1934, le président du gouvernement autonome de Catalogne, Lluis Companys, avait proclamé un « Etat catalan dans le cadre d’une République fédérale d’Espagne ». Cette annonce avait déclenché une proclamation d’état de guerre.  Des affrontements avaient fait entre 46 et 80 morts, selon les historiens.

En 2010, le Tribunal constitutionnel avait censuré 14 des 223 articles du nouveau statut de la Catalogne. Cette décision a été l’étincelle, marquant le regain de l’indépendantisme en Catalogne.

Vendredi 27 octobre,  le parlement catalan a adopté l’indépendance. Ces dernières semaines avaient entériné la montée des tensions entre Madrid et Barcelone.  Immédiatement le Sénat espagnol a répliqué en approuvant une mesure sans précédent : la mise sous tutelle de la région.

👉 La peur des conséquences économiques

Les catalans en faveur de l’union, craignent qu’avec l’indépendance, la Catalogne se retrouve isolée et affaiblie. Face à l’insécurité juridique, plus de 1 600 sociétés ont déjà décidé de transférer leur siège social hors de Catalogne.

Peu après la déclaration d’indépendance de la Catalogne par le Parlement régional vendredi, la principale organisation patronale en Espagne, la CEOE, s’était inquiétée des conséquences « très graves »pour l’économie.

👉 Des manifestants pro union nombreux

C’est pourquoi, dimanche 29 octobre, aux alentours d’un million de personnes (selon les autorités) se sont réunies dans le centre de Barcelone. Il défendaient ainsi l’unité de l’Espagne, moins de 48 heures après la proclamation de l’indépendance par le Parlement régional. Cette manifestation intervient après plusieurs rassemblements en Catalogne pour célébrer vendredi soir la naissance de la “République catalane”.

L’appel de l’association organisatrice, la Société civile catalane, est assorti de deux mots : “coexistence” et surtout “bon sens”. Scandant en coeur le slogan“Puigdemont en prison”, de nombreux Espagnols anti-sécession ont convergé vers l’une des avenues les plus connues de la capitale catalane, le Passeig de Gracia.

Les opposants à l’indépendance de la Catalogne se sont révélés nombreux et déterminés. C’est une bonne chose pour l’Europe, qui voit d’une mauvais oeil les velleités d’indépendance catalane.

👉 Un gouvernement en chasse un autre

Une chose est sure, le gouvernement espagnol veut reprendre au plus vite le contrôle sur la Catalogne. Sa déclaration d’indépendance vendredi n’a obtenu aucune reconnaissance internationale.

Madrid avait reçu l’autorisation du Sénat de mettre en oeuvre l’article 155 de la Constitution, jamais utilisé. Ainsi il a pu prendre les rênes de la région et y « restaurer l’ordre constitutionnel ».

Après la destitution de l’exécutif catalan dans son intégralité et selon la presse de 150 hauts responsables de l’administration, les institutions catalanes étaient sans dessus dessous. Aussi, le numéro 2 du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria a t’il été officiellement désigné pour diriger la région.

Oriol Junqueras, vice président du chef de file du gouvernement déchu affirme : “Carles Puidgemont est et restera le président” de la Catalogne, au quotidien catalan El Punt-Avui.

Toutefois, cette allocution prête à sourire. Le président catalan destitué Carles Puigdemont et cinq ex-conseillers de son gouvernement vont demander l’asile politique en Belgique . Cette information de la chaîne espagnole La Sexta a été confirmée par le quotidien El Periodico

 

 

Publié le lundi 30 octobre 2017 à 19:39, modifications lundi 30 octobre 2017 à 19:39

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