Monde

Catalogne : Mariano Rajoy décrète des mesures drastiques pour empêcher l’indépendance

Mariano Rajoy a déclenché l’article 155 de la Constitution pour empêcher la sécession de la Catalogne.

STORY - Episode 19/30

Cet article fait partie d'une "story" (une story est un ensemble d'articles relatifs à un sujet précis suivi par nos journalistes)

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Trois semaines après le référendum d’indépendance en Catalogne, Mariano Rajoy a demandé la destitution du gouvernement régional.

Fait historique, le président du gouvernement espagnol a enclenché l’article 155 de la Constitution.

Ainsi, gouvernement catalan destitué, police contrôlée et Parlement mis sous tutelle…autant de mesures prises par Madrid pour mettre un terme à la fièvre indépendantiste de la région.

Une mesure inédite

Alors que le roi d’Espagne Felipe VI a dénoncé vendredi une « inacceptable tentative de sécession », le gouvernement espagnol a dévoilé samedi 21 octobre, à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, les mesures qu’il allait appliquer pour mettre la région sous tutelle.

Ainsi, Mariano Rajoy a invoqué l’article 155 de la Constitution. Il a demandé au Sénat de lui confier la faculté de dissoudre le parlement catalan, afin de « convoquer des élections dans un délai maximum de six mois ».

Par cette mesure, le gouvernement espagnol veut démettre le gouvernement catalan de ses fonctions. Celles-ci seront exercées « par les ministères nationaux pendant cette situation exceptionnelle ».

Ni l’autonomie catalane ni la gouvernance autonome ne sont suspendues.

A cependant affirmé Mariano Rajoy. Une remarque visant à rassurer des Catalans très attachés à leur autonomie récupérée à la fin de la dictature de Francisco Franco.

Toutefois, les mesures annoncées tendent à démontrer que Madrid entend prendre la gestion de l’administration de la région. Depuis la police autonome jusqu’à la radio et la télévision publiques. Mais surtout mettre le parlement régional sous tutelle.

Or, jamais en quarante ans de démocratie, l’Etat n’avait eu à reprendre la main sur une région.

Mariano Rajoy a pris le risque d’affronter l’ire des séparatistes, dans une société catalane déjà ébranlée par de très fortes tensions.

Nous avons tout essayé pour éviter une situation difficile. Mais un gouvernement, un pays de l’Union européenne ne peut accepter que l’on piétine l’Etat de droit en organisant un référendum sans aucune garantie. Nous sommes arrivés à une situation limite.

Avait déclaré Mariano Rajoy vendredi 20 octobre à l’issue d’une réunion des dirigeants européens à Bruxelles.

La pire attaque contre la Catalogne

L’annonce de ces mesures a immédiatement été suivie d’une manifestation indépendantiste réunissant 450.000 personnes (selon la Mossos d’Esquadra) samedi après-midi dans les rues de Barcelone.

Les manifestants scandaient « liberté » et « indépendance ».

Le sentiment espagnol a disparu. Le peuple catalan est complètement déconnecté des institutions espagnoles.

A regretté Ramon Millol, un mécanicien de 45 ans, tandis que les manifestants faisaient des doigts d’honneur aux hélicoptères de la police.

Carles Puigdemont, qui a pris la tête du cortège, a réagi dans la soirée par une déclaration télévisée en catalan, espagnol et anglais.

Il y a accusé le gouvernement espagnol de lancer

La pire attaque aux institutions et au peuple de Catalogne depuis les décrets du dictateur militaire Francisco Franco.

Néanmoins, très prudent, Carles Puigdemont n’a jamais parlé d’indépendance dans son allocution.

En effet, l’aile dure des séparatistes pousse le président catalan à déclarer sans détours la rupture avec l’Espagne.

Pourtant, cet ancien journaliste de 54 ans semble vouloir temporiser devant l’impact économique de la crise. Et le manque d’appuis de l’étranger et de l’Union européenne notamment.

Car, sous l’impulsion des deux plus grandes banques catalanes, Caixabank et Sabadell, près de 1.200 entreprises ont déjà transféré leur siège social hors de Catalogne.

Par ailleurs, les investissements sont suspendus. Et les réservations d’hôtel ont dangereusement chuté dans la région la plus touristique d’Espagne.

EnregistrerEnregistrer

Publié le dimanche 22 octobre 2017 à 16:09, modifications dimanche 22 octobre 2017 à 16:09

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !