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Brésil : le dernier survivant d’un peuple d’Amazonie vit seul depuis 22 ans

Une vidéo de celui qui a été surnommé “l’homme le plus seul au monde” a été diffusée vendredi. Cet Indien d’Amazonie vit en autarcie depuis 22 ans, par ses propres moyens, après le massacre de tous les autres membres de son groupe culturel.

L’homme dans la vidéo ci-dessus est le dernier survivant d’un peuple amazonien aujourd’hui décimé. Vivant isolé depuis la tuerie des siens il y a plus de 20 ans, il a désormais la cinquantaine. De plus, cet ermite “se porte bien physiquement, entretient des plantations de maïs et de papayes” révèle au Guardian Altair Algayer.

En effet, ce dernier est un coordinateur régional de la Fundação Nacional do Índio (Funai) ou Fondation nationale de l’Indien. À savoir, l’agence gouvernementale brésilienne chargée des questions concernant les peuples autochtones ou peuples premiers du pays.

Que sait-on du “dernier survivant” ?

Hutte de paille ou “Maloca”. Habitation construite puis abandonnée par le survivant / Crédits © Survival International

Pas grand chose. Pourtant, plusieurs articles de presse, documents de recherche et même un livre se sont penchés sur lui. On sait cependant que cet Amazonien rentre dans la catégorie des “Isolés”. C’est-à-dire qu’aucun individu extérieur à son milieu de vie ne lui a jamais parlé, du moins d’après le peu de données répertoriées.

Par ailleurs, on pense qu’il est le dernier survivant d’un groupe de six que des fermiers ont attaqué en 1995. Mais c’est dans les années 70 et 80 que l’extinction de sa micro-société a commencé. À l’époque, une route fut construite près de leur zone d’habitation, causant une hausse de la demande de titres de propriété par des entreprises commerciales.

D’autre part, la “tribu” à laquelle il appartenait n’a jamais été nommée par les observateurs. Enfin, on a aucune idée de la langue qu’ils utilisaient. Toutefois, les médias nationaux l’ont surnommé ” l’Indien des trous“, à cause de son habitude de laisser des fosses profondes.

On suppose qu’elles servaient soit à le cacher lui-même, soit comme pièges de chasse pour les animaux. Auparavant, on a découvert des huttes en paille, des torches en résine, des flèches et d’autres objets fabriqués de ses mains, et qu’il laissait derrière lui après son passage.

Pourquoi filmer une vidéo du “dernier survivant” maintenant ?

Il a connu une expérience si violente (le meurtre de tous ses proches), qu’il voit le monde extérieur  comme un endroit très dangereux

Croit savoir Fiona Watson, la directrice de recherche et de plaidoyers de Survival International.

Une association qui milite pour la reconnaissance et le respect des droits des peuples indigènes. Fiona Watson a visité la zone et vu les différents campements du dernier survivant.

Elle soutient que l’Amazonien a clairement fait comprendre qu’il ne voulait aucun contact avec la “civilisation”. Plusieurs fois, il a tiré des flèches en direction de ceux tentant de l’approcher de trop près.

Carte montrant l’emplacement de l’État de Rondonia, dans lequel se trouve l’Amazonien

Dans ce cas, pourquoi faire une vidéo d’une personne traumatisée, qui en plus ne souhaite pas être filmée ? Face aux critiques, Fiona Watson assure que cela est nécéssaire. En effet, d’après la constitution brésilienne, les Isolés indigènes ont le droit d’avoir des terres à eux.

Mais ils (la Funai) doivent continuellement prouver que cet homme existe.

Dit-elle d’abord à la BBC.

Il y a donc une raison politique à la publication de cette vidéo. Le Congrès est dominé par l’industrie agro-alimentaire ; le budget de la Funai a été réduit. Il y a une attaque très agressive contre les droits des Indigènes dans le pays.

Explicite-t-elle. Soulignant en outre “ qu’ils reçoivent beaucoup de vidéos, mais que pour les publier, il faut un cas de force majeure“.

De fait, Funai surveille le solitaire depuis 1996. La fondation doit continuellement montrer qu’il est vivant. Ceci afin de renouveler l’ordonnance restrictive (contre les entreprises commerciales et les fermiers voulant s’accaparer ces terres) dans la zone où il vit, au nord-ouest de l’État brésilien Rondônia.

Publié le lundi 23 juillet 2018 à 13:02, modifications lundi 23 juillet 2018 à 12:21

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