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Brésil : Dilma Rousseff et le Parti des travailleurs chassés du pouvoir

Dilma Rousseff a été destituée de ses fonctions présidentielles par le Sénat brésilien. Elle entraîne dans sa chute le Parti des travailleurs, ébranlé par de nombreuses affaires de corruption.

Après de longues heures de débats marqués par des vilipendes et des larmes, les sénateurs ont finalement décidé, mercredi 31 août, de destituer la présidente Dilma Rousseff par 61 voix contre 20, soit largement les deux tiers nécessaires à son départ définitif.

Michel Temer, son vice-président, est donc devenu officiellement le nouveau président du Brésil immédiatement après le scrutin.

Aujourd’hui nous inaugurons une nouvelle ère de deux ans et quatre mois

A-t-il déclaré en référence au temps restant avant prochaines élections présidentielles et législatives fin 2018.

Il faudra en sortir sous les applaudissements des Brésiliens. Cela va être difficile

A-t-il asséné lors de sa première réunion de cabinet, retransmise en direct à la télévision.

De son côté Dilma Rousseff a réagi à cette décision :

Le Sénat a pris une décision qui entre dans l’histoire des grandes injustices. Il a commis un coup d’Etat parlementaire.

L’ancienne guérillera de 68 ans a réaffirmé son « innocence » tout au long de ce procès dans lequel elle était accusée de « crime de responsabilité ».

Nous reviendrons !

A-t-elle martelé.

Cependant si la principale motivation de cette destitution est la manipulation comptable, appelée « pédalage budgétaire », qui aurait permis à Dilma Rousseff de masquer la réalité du déficit budgétaire du pays, aidant à sa réélection en 2014, c’est en réalité l’ensemble de sa politique qui a été mis en accusation au cours de ces cinq jours de procès.

Par conséquent, ce processus de destitution visait également le Parti des travailleurs, un parti de gauche au pouvoir au Brésil depuis 2003.

L’élection de Dilma Rousseff marquait pourtant un tournant : le président était non seulement une femme, mais aussi une personne ayant connu l’emprisonnement et la torture pendant la période de dictature.

Face à cela, la figure emblématique de la gauche brésilienne, Luiz Inacio Lula da Silva, est lui aussi dans le collimateur de la justice. Il est visé par six enquêtes différentes et a déjà été inculpé pour tentative d’entrave à la justice par le parquet fédéral juin dernier. Il vient, à nouveau, d’être inculpé de corruption passive et blanchiment d’argent dans le cadre du réseau de corruption monté au sein du géant pétrolier public Petrobras.

Ainsi, la présidente sortante, elle dispose désormais de trente jours pour quitter la résidence présidentielle, située dans le palais de l’Alvorada, à Brasilia. Elle occupait ce logement depuis son élection en 2010 et elle s’y était recluse depuis son éloignement du pouvoir, le 12 mai. Elle conserve toutefois ses droits civiques, ce qui lui permettra d’exercer une fonction publique.

Publié le jeudi 1 septembre 2016 à 13:42, modifications jeudi 1 septembre 2016 à 13:42

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