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Bombardements et exode massif à Idleb en Syrie : L’ONU redoute « la pire catastrophe humanitaire du 21ème siècle »

L’ONU alerte sur le drame qui se joue en Syrie. Les forces armées de Bachar El-Assad, soutenues par l’armée russe, s’apprêtent à donner l’assaut contre Idleb, dernier fief rebelle, et laissant présager de très lourdes pertes humaines.

La bataille d’Idleb, ultime bastion insurgé dans une Syrie toujours en guerre, pourrait devenir « la pire catastrophe humanitaire du 21ème siècle ».

Il doit y avoir des moyens de régler ce problème pour que les prochains mois, Idleb ne se transforme pas en la pire catastrophe humanitaire du 21e siècle. Avec les plus lourdes pertes en vies humaines.

A déclaré Mark Lowcock, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, lors d’une conférence de presse à Genève lundi 10 septembre. Une crainte partagée par les associations humanitaires. Tous estiment qu’il pourrait s’agir d’une crise humanitaire plus grave encore que les batailles d’Alep ou de la Ghouta orientale. Située dans le nord-ouest syrien, à la frontière de la Turquie, la province d’Idleb compte 3 millions d’habitants, rebelles, djihadistes et réfugiés d’autres régions qui cohabitant.

Bombardements et exode massif

Or, les craintes de l’ONU trouvent leur origine dans l’attaque conjointe des forces syriennes et russes dimanche 9 septembre. En effet, les forces du président syrien Bachar al-Assad, soutenues par la Russie et l’Iran, ont massé des renforts aux abords de la province d’Idleb. L’objectif étant de lancer une offensive contre cet ultime fief insurgé. Avant ce bombardement, samedi 8 septembre, des avions de chasse russes y avaient déjà mené des frappes. Celles-ci ont été jugées par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) comme « les plus intenses » en un mois.

Entre le 1er et le 9 septembre, nous avons recensé 30.542 femmes, enfants. Mais aussi des hommes qui ont été déplacés du sud et du sud-ouest d’Idleb. Ainsi que du nord et du nord-ouest de la province voisine de Hama.

A souligné David Swanson, un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Alors, si l’assaut n’a pas encore été lancé, le régime de Bachar al-Assad et l’armée russe ont largement débuté les opérations. En effet, ces violences éparses ont fait des morts parmi les civils et notamment des enfants. Elles ont touché des hôpitaux et d’autres structures médicales, selon l’OSDH.

Idleb : la dernière grande bataille en Syrie ?

La province d’Idleb, et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, compte quelque trois millions de personnes. Parmi eux près de la moitié sont des déplacés venant d’autres régions de Syrie affectées par de violents combats. Or, cette région du Nord-Ouest de la Syrie est contrôlée par une kyrielle de djihadistes et de rebelles. Résultat d’un long conflit qui a anéanti l’opposition au régime de Damas. En effet, depuis 2015, Idleb abrite un ensemble complexe de forces anti-régime. Passant des rebelles modérés, des islamistes, des jihadistes syriens ayant des liens avec Al-Qaïda, et leurs homologues étrangers.

Or s’il est incontestable que Bachar al-Assad a gagné la guerre en Syrie, cette dernière bataille d’Idleb apparaît comme déterminante pour l’après-guerre. Avec notamment les luttes d’influence qui se jouent pour redessiner le proche-Orient.

Publié le mardi 11 septembre 2018 à 10:32, modifications mardi 11 septembre 2018 à 10:21

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