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Attentats du 11 septembre : Le Congrès américain autorise les poursuites contre l’Arabie saoudite

Pour ne pas froisser les relations diplomatiques, Barack Obama avait mis son veto à la loi autorisant les poursuites contre l’Arabie saoudite. Mais le Congrès est passé outre lors d’un vote, qui pourrait avoir de sérieuses conséquences géopolitiques.

C’est la première fois depuis que Barack Obama a été élu en 2008 que le congrès américain prend la décision de contourner un veto émis par le président sur un texte de loi.

Le président américain avait mis vendredi 23 septembre son veto sur une loi qui permet aux proches des victimes du 11 septembre de poursuivre le Royaume d’Arabie saoudite. En effet, quinze des 19 auteurs de ces attentats étaient des Saoudiens mais l’implication de l’Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis, n’a cependant jamais été clairement démontrée.

Tout en exprimant sa « profonde sympathie » pour les victimes et affirmant comprendre leur « désir de justice », Barack Obama avait souligné que cette loi « aurait un impact néfaste sur la sécurité nationale des Etats-Unis ».

La Maison Blanche avait en effet estimé que le texte affaiblirait le principe d’immunité qui protège les Etats (et leurs diplomates) de poursuites judiciaires et risquait, par un effet boomerang, d’exposer les Etats-Unis à des poursuites devant divers tribunaux à travers le monde.

Ainsi, mercredi 28 septembre, le Sénat puis la Chambre des représentants ont massivement ignoré le véto présidentiel sur le « Justice against sponsors of terrorism act », ouvrant la voie à des poursuites contre l’Arabie saoudite par les familles des victimes du 11-Septembre.

Cependant, plusieurs élus ont déjà laissé entendre qu’ils tenteraient de réduire la portée du texte sous la prochaine législature.

Depuis qu’elle est dans le viseur des familles, l’Arabie saoudite a déployé d’importants moyens de lobbying pour convaincre les élus de sa non-implication, envoyant son ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir, et en embauchant d’influentes sociétés de conseil en communication.

Maintenant que cette loi est passée, reste à savoir quelles seront les conséquences. Les saoudiens ont déjà menacé de représailles financières si la loi passait et le prochain président aura fort à faire en matière de diplomatie.

Publié le jeudi 29 septembre 2016 à 10:16, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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