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Attentat en Espagne : Donald Trump suggère de lutter contre le terrorisme avec des balles au sang de porc

En réaction à l’attentat de Barcelone, Donald Trump a préconisé des méthodes expéditives contre le « terrorisme islamiste radical ». Déclenchant une nouvelle polémique quelques heures après la tragédie.

STORY - Episode 4/12

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Après l’attentat de Barcelone, Donald Trump a d’abord réagi de façon très solennelle dans la soirée de jeudi 18 août.

Ainsi, sur Twitter, le président américain a « condamné » l’attaque au nom des Etats-Unis. Puis, il a assuré que son pays apporterait « toute l’aide nécessaire ».

Cependant, il ne s’est pas arrêté là. Quelques minutes seulement après ce message, il a poursuivi par un second tweet d’une toute autre teneur. En effet, Donald Trump a ensuite proposé d’« étudier » ce que le général américain Pershing faisait aux terroristes quand ils étaient pris.

Il faut étudier ce que le général américain Pershing fit aux terroristes capturés. Il n’y eut plus de terrorisme radical islamique pendant 35 ans !

Ce second tweet du président des Etats-Unis fait référence à une fausse anecdote sur l’exécution de rebelles musulmans aux Philippines au début du XXe siècle. Une allusion déjà maintes fois entendue lors de sa campagne électorale.

Une légende urbaine

Ainsi, en février 2016, Donald Trump avait déjà narré cette légende urbaine pour attiser les foules pendant sa campagne.

Lors d’un discours en Caroline du Sud, le candidat de l’époque expliquait que le général Pershing, gouverneur d’une province des Philippines en proie à une insurrection en 1908, avait fait exécuter 49 prisonniers musulmans philippins.

Pour ce faire, il avait trempé des balles dans le sang de cochon. Un animal impur, selon la tradition musulmane. Ensuite, ils les avaient fait enterrer, enroulés dans une peau de porc.

Toujours selon la légende, il aurait relâché le cinquantième prisonnier pour qu’il témoigne auprès des autres rebelles. Ceux-ci effrayés par la perspective de ne pas aller au paradis, auraient déposé les armes.

Et il n’y a plus eu de terrorisme islamiste radical pendant trente-cinq ans !

A assené Donald Trump dans son tweet.

Aucune véracité historique

Pourtant, les historiens interviewés précisent qu’il n’y aucune preuve que le général Pershing ait fait cela. En tout cas, certainement pas avec les balles trempées dans le sang.

Par ailleurs, les historiographes assurent que la guérilla de la province de Moro ne s’est pas calmée après le passage du général américain. En outre, selon deux sites réputés spécialisés dans le fact-checking, il s’agit d’une simple légende urbaine.

Ainsi, le site Snopes a souligné n’avoir

trouvé aucune référence de cet incident dans les biographies de Pershing et cela ne correspond pas à la manière dont Pershing se comportait avec les Moros”.

Quant au site Politifact, il a cité au moins quatre historiens spécialistes de la période qui démentent formellement l’authenticité de l’histoire.

Ce dernier a cependant précisé que le fantasme des balles trempées dans du sang de porc était assez répandu chez certains extrémistes américains.

En 2013, une entreprise de l’Idaho avait même créé une ligne de balles enrobées d’une peinture infusée au porc, censées envoyer les terroristes islamistes en enfer.

Publié le vendredi 18 août 2017 à 11:48, modifications dimanche 20 août 2017 à 10:21

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