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Attaque chimique présumée de Douma : la Russie publie une vidéo pour disculper Bachar al-Assad

La Russie, alliée du régime syrien, a diffusé le témoignage d’un garçon syrien, qui affirme avoir été sollicité pour mettre en scène l’attaque chimique présumée de Douma du 7 avril dernier.

La Russie a diffusé mercredi 18 avril ce qu’elle présente comme le témoignage d’un garçon syrien affirmant avoir participé à la mise en scène de l’attaque chimique présumée dans la ville syrienne de Douma le 7 avril.

Les manipulations de l’Occident

A l’initiative de Vladimir Poutine, ces images pourraient être remises à l’ONU. L’interview du garçon a été tournée par la chaîne de télévision publique russe Rossia 24.

En outre, elle a été reprise jeudi 19 avril par la quasi-totalité des médias publics russes. Elle devrait être diffusée devant les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, lors de sa prochaine réunion. Selon l’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, la Russie veut en faire la preuve de « manipulations » liées à cette attaque présumée.

L’attaque aux gaz toxiques, qui a fait au moins 40 morts à Douma le 7 avril selon des secouristes, avait été imputée aux forces gouvernementales syriennes. Elle avait alors déclenché des frappes conjointes des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France dans la nuit du 13 au 14 avril. Si ces dernières avaient visé des sites stratégiques du pouvoir syrien, elles avaient surtout fait monter d’un cran les tensions diplomatiques déjà mises à mal. En effet, le régime syrien et Moscou avaient fermement nié que les forces syriennes aient lancé une attaque chimique sur Douma. Or, ils avaient accusé les opposants à Bachar al-Assad d’avoir organisé une mise en scène.

Des propos non vérifiés

Ainsi, dans son reportage intitulé La mise en scène de la guerre, Rossia 24 affirme que le garçon présenté est Hassan Diab. Il s’agirait d’un Syrien de 11 ans. Selon la chaîne russe, le garçon aurait joué la victime de l’attaque chimique dans une vidéo tournée par l’ONG Casques blancs. Ce sont les secouristes en zones rebelles qui ont signalé cette attaque présumée.

Nous étions dans un sous-sol. Maman m’a dit qu’il n’y avait rien à manger et qu’on mangerait demain. Nous avons entendu des cris dans la rue, on criait “Allez à l’hôpital”. Nous avons accouru à l’hôpital et dès que j’y suis entré, on m’a attrapé. Et on a commencé à m’asperger d’eau. Ensuite, on nous a mis sur des lits à côté d’autres personnes.

Pourtant les propos du jeune syrien n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante par l’AFP. En effet, le garçon ne dit rien de la présence éventuelle de caméras sur place. Cependant, un homme présenté par Rossia 24 comme son père, Omar Diab, a affirmé que

Les combattants ont donné, pour la participation à ce tournage, des dattes, des gâteaux et du riz.

La complexe mission de l’OIAC

Avant cette vidéo, le ministère russe de la Défense avait déjà présenté une interview vidéo de participants au tournage. Les médecins de l’hôpital y déclaraient notamment qu’«aucune des personnes transportées à l’hôpital ne présentait de traces d’intoxication par des agents chimiques».

Une mission de l’OIAC est arrivée le 14 avril à Damas. Elle doit enquêter sur l’attaque prétendue chimique à Douma. Arrivés à Damas quelques heures après les bombardements des alliés, les inspecteurs de l’OIAC n’étaient pas encore entrés dans Douma, mercredi 18 avril. La France et les Etats-Unis s’inquiètent à présent que des pièces à conviction disparaissent du site de l’attaque. Ce dernier est désormais sous le contrôle des forces pro-régime.

Publié le vendredi 20 avril 2018 à 9:47, modifications vendredi 20 avril 2018 à 9:52

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