Monde

Arménie : sous la pression des manifestations, Serge Sarkissian a démissionné

Le Premier ministre arménien Serge Sarkissian a fini par démissionner sous la pression de la rue. Ses opposants l’accusaient notamment de « s’accrocher au pouvoir ».

L’ancien président arménien Serge Sarkissian, récemment nommé Premier ministre, a présenté lundi 23 avril sa démission, au onzième jour de protestations.

J’abandonne la direction du pays et le poste de Premier ministre.

A ainsi déclaré le Premier ministre dans un communiqué publié sur son site officiel.

Nikol Pachinian, le chef de la contestation et député, avait raison. Et moi, je me suis trompé.

A ajouté celui qui avait été élu Premier ministre par les députés il y a moins d’une semaine, après avoir été pendant dix ans président de l’Arménie.

Nous avons gagné !

Ainsi, une ambiance de fête régnait ce lundi sur la Place de la République au cœur d’Erevan.

En effet, des milliers de personnes dansaient et trinquaient dans les rues de la capitale arménienne. Car, cette annonce surprise est intervenue quelques heures après la libération de Nikol Pachinian. Le chef de la contestation avait été interpellé dimanche 22 avril lors d’une manifestation de l’opposition. Avant cela, dans la matinée, une tentative de négociations entre Nikol Pachinian, ancien journaliste et opposant de longue date, et le Premier ministre Serge Sarkissian, réunis devant les caméras de télévision dans un grand hôtel de la capitale arménienne, avait échoué.

Nikol Pachinian s’est aussitôt réjoui :

Citoyen d’Arménie, tu as gagné ! Et personne ne peut te priver de cette victoire. Je te félicite, peuple victorieux !

Depuis le 13 avril, les manifestations se sont succédées pour exiger la démission de Serge Sarkissian. Car, après dix ans à la tête de l’État (de 2008 à 2018), Serge Sarkissian avait fait voter une réforme constitutionnelle. Celle-ci a donné des pouvoirs renforcés au Premier ministre. Et, laisse au président un rôle essentiellement honorifique.

Par ailleurs, les manifestants reprochaient notamment à l’ancien président arménien de n’avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption. Dans le même temps, les oligarques ont toujours la main haute sur l’économie du pays. En effet, le taux de pauvreté en Arménie a augmenté ces dernières années. A ce titre, en février 2018, l’ONG Transparency international a placé l’Arménie 107ème sur 180 pays, lors de son classement mondial sur indice de perception de la corruption. Il y a trois ans, le pays occupait la 95ème place.

Publié le mardi 24 avril 2018 à 9:05, modifications mardi 24 avril 2018 à 8:57

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !