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Arkansas : interdiction d’avorter sans autorisation masculine

Un foetus avorté sera considéré comme un enfant décédé

Une nouvelle loi anti-avortement entrera en vigueur fin juillet en Arkansas. Elle affirme que le foetus sera désormais considéré comme une personne décédée. Une femme ne pourra donc plus avorter sans le consentement préalable du père du foetus.

Dans l’Arkansas, le consentement des deux parents sera désormais nécessaire pour permettre l’avortement. En effet, une loi votée en mars dernier entrera en vigueur fin juillet dans l’état conservateur. Elle affirme que le foetus avorté sera désormais considéré comme un enfant décédé.

De nouvelles restrictions concernant l’avortement

Fin juillet, une nouvelle loi anti-avortement imposera des restrictions supplémentaires en Arkansas. Désormais, le foetus sera considéré comme un enfant décédé en cas d’avortement.

Pour avoir accès à une IVG, une femme âgée de plus de 18 ans nécessitera le consentement du père du foetus. Ce dernier sera en effet considéré comme “un membre de la famille décédée”. Cela justifie selon la loi l’approbation du père concernant l’avortement de la mère du foetus. Cette restriction a été justifiée comme étant en accord avec la Final Disposition Rights of Act mise en place en 2009. Cette loi revient sur le traitement accordé aux personnes décédées n’ayant pas spécifié leurs souhaits quant à la disposition de leur corps.

Selon la loi votée en Arkansas, une femme tombée enceinte à la suite d’un viol devra donc demander l’autorisation de son violeur pour avorter. Si la personne est mineure, elle nécessitera l’autorisation de ses parents. Si un différend persiste entre la mère et le père du foetus, ils devront se rendre au tribunal.

L’American Civil Liberties Union proteste

En 1973, l’avortement devient un droit constitutionnel aux Etats-Unis grâce à l’arrêt Roe v. Wade de la Cour Suprême. Néanmoins, de nombreux états fédérés font part de leur opposition, à l’image du Missouri, du Mississippi ou encore du Nebraska. Dans le Dakota du Sud, l’interdiction totale de l’IVG a pu être rejetée suite à deux référendums en 2006 et 2008.

En janvier dernier, Donald Trump a décrété le quatrième jour de son mandat que les ONG soutenant l’avortement ne pouvaient plus être financées. Malgré les nombreuses restrictions, l’IVG continue d’être défendue par des associations comme l’American Civil Liberties Union.

La déléguée de l’association auprès des droits à la reproduction Talcott Camp s’est opposée à la loi venant d’être adoptée en Arkansas. Lors d’un entretien accordé à Vice News, Camp a affirmé qu’il s’agissait d’une violation de la vie privée. Elle a déclaré :

Une femme est en droit de refuser l’interférence de qui que ce soit

En juin dernier, l’ACLU a contesté la loi votée en mars ainsi que trois autres lois anti-avortement. Une première audience est prévue pour le jeudi 13 juillet. Un juge pourra accorder une injonction préliminaire pour que la loi ne soit adoptée qu’une fois la résolution de l’affaire terminée.

Publié le mercredi 12 juillet 2017 à 18:14, modifications jeudi 13 juillet 2017 à 14:51

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