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Arabie saoudite : suite aux critiques d’Ottawa, le royaume renvoie l’ambassadeur canadien

On apprend ce lundi que Riyad, en plus de cette expulsion, décide de geler toute relation commerciale avec le pays à la feuille d’érable.

Dans la foulée, l’Arabie saoudite somme aussi son propre ambassadeur au Canada de rentrer au pays. Dimanche, le royaume musulman avait de fait donné 24h au représentant canadien pour quitter le territoire. Toutefois, pour le moment, l’équipe emmenée par Justin Trudeau n’a pas fait état d’une éventuelle riposte.

Arabie saoudite : les raisons de la colère

La discorde part, jeudi dernier, d’un tweet de la ministre canadienne des Affaires étrangères. En effet, Chrystia Freeland interrogeait ce jour-là, la mise en détention de Samar Badawi. Il s’agit de la soeur de Raif Badawi. Jeune auteur, Raif Badawi va en prison pour 6 ans en 2012. On lui reproche ses critiques acerbes de l’Islam, sur le blog qu’il tenait à l’époque, Free Saudi Liberals.

Samir, sa soeur, est quant à elle une activiste prônant l’égalité femmes-hommes. Victime d’abus sexuels de la part de son père, elle avait initié un procès-particulièrement couvert-contre lui. Aînée de Raif, le féminisme militant de Samir lui avait déjà coûté un bref emprisonnement en 2016. Aussi, c’est suite à une nouvelle arrestation en fin juillet que Chrystia Freeland réagissait.

Très alarmée d’apprendre l’emprisonnement de Samar Badawi, la sœur de Raif Badawi, en Arabie Saoudite. Le Canada appuie la famille Badawi dans cette difficile épreuve, et nous continuons de fortement appeler à la libération de Raif et Samar Badawi.

Écrivait dès lors sur Twitter, la ministre.

Les sanctions de l’Arabie saoudite

Seulement, le Canada allait plus loin que partager de vives inquiétudes.

Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des #droitsdel’Homme.

Se positionnait ainsi le pays, dans une autre contribution sur le réseau social, mais cette fois via son ambassade à Riyad. Une injonction mal accueillie par le Royaume d’Arabie saoudite.

Il est très regrettable que les mots ‘libération immédiate’ figurent dans le communiqué canadien. C’est inacceptable dans les relations entre deux pays.

Critiquait, de fait, l’homologue saoudien de Chrystia Freeland.

Samar Badawi est détenue avec sa fille de deux ans, à la prison de Dhaban. La Police l’accuse de désormais gérer, sur les réseaux sociaux, les profils militants de son ex-mari Waleed Abulkhair. Cet avocat et activiste des droits de l’Homme est emprisonné, pour 15 ans, depuis 2014.  Le Canada, quant à lui, est sous le feux de critiques pointant son hypocrisie. Le pays avait, en effet, vendu des véhicules blindés à l’Arabie saoudite. Engins utilisés plus tard contre des civils au Yemen.

Publié le mardi 7 août 2018 à 8:12, modifications lundi 6 août 2018 à 19:13

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