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Ambassadeur russe assassiné : Vladimir Poutine promet une réponse

Vladimir Poutine a réagi à l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara lundi 19 décembre. L’homme fort de la situation en Syrie a affirmé fermement son intention de trouver « qui a dirigé la main ».

L’année 2016 se finit de manière dramatique et dans une complexité extrême sur le plan géopolitique. Lundi 19 décembre, quelques heures avant qu’un attentat au camion à Berlin ne fasse douze morts et plus de quarante blessés, l’ambassadeur russe Andreï Karlov est assassiné à Ankara. Dans une réaction publique, Vladimir Poutine a déclaré à la télévision russe, accompagné de son ministre des Affaires Etrangères :

Le crime qui a été commis est sans aucun doute une provocation destinée à perturber la normalisation des relations russo-turques et le processus de paix en Syrie auquel contribuent activement la Russie, la Turquie et l’Iran.

Et poursuivant sur la réponse à donner à l’attentat :

Il peut y avoir seulement une réponse à cela : intensifier la lutte contre le terrorisme et les bandits le sentiront passer. (…) Nous devons savoir qui a dirigé la main des tueurs.

Une déclaration plus mesurée mais qui n’est pas sans rappeler une autre de ses célèbres formulations. Lors de la vague d’attentats à Moscou en août et septembre 1999, Vladimir Poutine est le nouveau premier ministre de Boris Eltsine. Il promet alors de traquer les terroristes et de « les buter jusque dans les chiottes. »

AFP PHOTO/ RIA-NOVOSTI/ POOL/ MIKHAIL METZEL

La Turquie et la Russie coopèrent

La crainte que cet attentat stoppe net l’amélioration des relations entre la Turquie et la Russie est apparue. Celles-ci étaient en effet au plus bas depuis l’interception d’un avion de chasse russe par la Turquie à l’été 2015.

Une perspective erronée puisqu’on assiste à une forte convergence entre la Russie, la Turquie et l’Iran. Cette alliance s’oppose aux dirigeants occidentaux et à l’Otan, notamment sur la situation de la Syrie. La Russie compte ainsi beaucoup sur le réchauffement des relations avec la Turquie pour s’affirmer en superpuissance dans la région. Les enjeux actuels sont ainsi pour le président russe plus importants que la réponse immédiate à l’attentat d’Ankara. Ce qui fait dire à Igor Delanoe, spécialiste des relations russo-turques au journal L’Orient – Le Jour :

Cet assassinat survient en pleine embellie des relations. S’il n’y avait pas eu l’épisode de l’avion russe abattu par la Turquie, il aurait pu être interprété comme un casus belli mais c’est différent aujourd’hui.

Dans la même allocution, Vladimir Poutine a ensuite annoncé que des agents russes étaient en route pour mener une enquête. Un signe fort qui montre que la Turquie et la Russie veulent coopérer et aller vite.

Publié le mercredi 21 décembre 2016 à 11:03, modifications mercredi 21 décembre 2016 à 8:32

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