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Algérie : Pamela Anderson au cœur de la fermeture d’un cinéma

De Alerte à Malibu à alerte à Alger ?

En cause, la participation de l’actrice au film Borat. Les apparitions que Pamela Anderson y fait, jugées trop osées, ont occasionné une interdiction de projection.

Une blonde platine au physique généreux dans un justaucorps moulant. Qui ne se souvient pas du sex-appeal de Pamela Anderson ?

De sex-symbol à activiste

La Canadienne, égérie de Playboy et star de la série mythique des années 90 Alerte à Malibu, fut de celles qui redéfinirent les codes de la playmate.
Ses apparitions affolaient des milliers d’hommes sur la planète tandis que ses frasques avec le rockeur Tommy Lee de Mötley Crüe faisaient les choux gras de la presse hollywoodienne.
Mais durant la décennie suivante, la pin-up finit par s’assagir.

En effet, son engagement grandissant pour la cause animale devenait désormais sa principale préoccupation. Une défense des animaux à laquelle s’ajoute plus tard son implication dans les sujets environnementaux, réussissant le tour de force de changer son image auprès du grand public. Cependant, son passé de sex-symbol se rappelle aujourd’hui à elle d’une drôle de manière. En 2006, l’actrice participe au film Borat de Larry Charles, aux côtés de Sacha Baron Cohen qui lui donne la réplique. Reprenant pour le rôle les mimiques de bimbo qui l’ont rendue célèbre, elle livre une prestation que peu trouveraient sulfureuse de nos jours.

Mais une image persistante

Pourtant, ce sont ces scènes qui sont la cause de la fermeture d’une salle obscure à Alger.
Selon FranceInfo, le cinéma Mohamed-Zinet, qui diffusait ce film pendant le ramadan (dont un vendredi) a dû cesser toute activité durant quatre semaines. Cette décision prise par Azzedine Mihoubi, ministre de la culture provoque un tollé en Algérie, y compris parmi les professionnels du monde du grand écran. Le journal conservateur algérien El Bilad (Le Pays), s’est quant à lui réjoui de l’arrêt des projections et de la fermeture pour un mois de l’enseigne. Le quotidien, à cheval sur ce qui lui parait être une question de moralité, n’a d’ailleurs pas hésité à traiter Pamela Anderson « d’actrice porno ».

Face aux réactions outrées dont certaines l’accusent d’avoir cédé à la pression, Azzedine Mihoubi s’est défendu en justifiant cette sanction par le manque d’éthique des programmateurs du Mohamed-Zinet. Ils n’auraient selon lui, jamais présenté leurs films à la commission de validation avant toute diffusion comme la règle l’exige. De plus, les copies utilisées pour les projections seraient piratées. Mais le ministre admet tout de même que « l’indécence » de l’oeuvre a en partie motivé son retrait.
Des explications qui peinent à convaincre Sofia Djama, réalisatrice algéroise du très remarqué Les Bienheureux. Elle a réagi à la nouvelle sur son compte Facebook, fustigeant les arguments du ministre de la Culture :

Azzedine Mihoubi je suis auteure réalisatrice, je pense savoir mieux que vous les conséquences du piratage et l'urgence…

Publiée par Sofia Djama sur mardi 29 mai 2018

Publié le jeudi 31 mai 2018 à 16:53, modifications jeudi 31 mai 2018 à 16:41

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