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Afrique du Sud : Manifestations pour la démission de Jacob Zuma

Dans plusieurs grandes villes d’Afrique du Sud, plusieurs milliers de personnes ont défilé pour réclamer la démission du chef de l’Etat, Jacob Zuma.

Du Cap à Johannesburg, en passant par Pretoria, les rues d’Afrique du Sud étaient remplies de dizaines de milliers de manifestants. Ainsi, ce vendredi 7 mars, ils réclamaient le départ du président Jacob Zuma.

Cette « Marche du peuple » avait pourtant essuyé les saillies des partisans de Jacob Zuma et de certains Sud-Africains. Ces derniers y voyaient une protestation de « blancs de la classe moyenne ». Ceux-ci étant habituellement peu enclins à élever la voix et à battre le pavé.

Pourtant, le nombre et la diversité de la foule réunie dans les grandes villes du pays ont fait mentir ces prédictions.

En effet, dans la capitale sud-africaine, plus de 20 000 personnes ont marché sur le palais présidentiel Union Buildings. Ils ont brandi des pancartes appelant à la démission de Jacob Zuma : « Zuma must go » ou encore « Fire Zuma ».

Si les Sud-Africains ont manifesté beaucoup de colère, ce sont les évènements de la semaine dernière qui les ont incités à descendre dans la rue.

Après le remaniement ministériel et le limogeage du ministre des Finances, la dégradation de la note souveraine du pays par une agence de notation a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Dégradation de la note souveraine

En effet, vendredi, emboîtant le pas à Standard & Poor’s, l’agence Fitch a à son tour relégué l’Afrique du Sud dans la catégorie spéculative, à BB+.

Les agences de notations avaient déjà fait part à plusieurs reprises de leurs préoccupations. Principalement, quant à la stabilité politique du pays.

En outre, les attaques répétées contre le ministre des Finances étaient source d’inquiétude.

Cependant, ces mises en garde n’ont pas fait reculer Jacob Zuma. Il s’est débarrassé de Pravin Gordhan à la faveur d’un remaniement ministériel de grande ampleur jeudi 30 mars.

Dans son communiqué, l’agence Fitch a indiqué que :

Ce remaniement pourrait saper, si ce n’est inverser, les progrès effectués dans la gouvernance des entreprises publiques. Ce qui augmente le risque de voir la dette de ces entreprises peser sur les comptes publics.

Pendant la manifestation, la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Ils ont dû ramener le calme dans les rues de Johannesburg. Dans le même temps, des soutiens de l’Alliance démocratique tentaient de rejoindre le rassemblement de l’opposition.

De plus, des incidents ont eu lieu entre manifestants devant la résidence de la famille Gupta à Johannesburg. En effet, ces hommes d’affaires proches de Jacob Zuma ont été mis en cause pour leur ingérence dans les affaires de l’État.

De nouvelles manifestations sont prévues le 12 avril prochain en Afrique du Sud. Soit, quelques jours avant qu’une nouvelle motion de censure contre le président Jacob Zuma ne soit présentée au vote du Parlement.

Publié le samedi 8 avril 2017 à 14:00, modifications mardi 11 avril 2017 à 11:04

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