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Afghanistan : Dans un rapport, l’ONU accuse l’Etat de négliger les femmes

Publié mardi 29 mai, un rapport de l’Organisation des Nations unies accuse la justice afghane de promouvoir l’impunité des auteurs de violences vers les femmes. Le rapport s’appuie sur le peu de crimes judiciairement punis en Afghanistan.

La Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (Manua), a jugé ce rapport “sans doute le pire” qu’elle ait jamais publié. Intitulé “Injustice et Impunité – La médiation dans les crimes contre les femmes”, le document de l’ONU pointe les violences régulièrement exercées contre les femmes afghanes. Des actes impunis, souvent traités comme de simples “affaires privées”.

Les violences contre les femmes largement répandues

Publié ce mardi 29 mai, le rapport de l’ONU accuse sans détour de négliger les femmes en abandonnant de nombreux crimes et cas de violences à leur encontre. De fait, les auteurs de violences exerceraient en toute impunité, puisque les médiations traditionnelles seraient privilégiées plutôt que de saisir la justice.

Le large recours aux médiations promeut l’impunité, autorise la répétition des violences et érode la confiance dans le système judiciaire

Dénonce le rapport publié à Kaboul et relayé par nos confrères de RTL Info.

Le document insiste notamment sur l’ampleur des violences contre les femmes. De fait, même 17 ans après la chute du régime taliban, ces violences sont “toujours largement répandues” en Afghanistan.

Les violences contre les femmes “restent largement répandues à travers l’Afghanistan malgré les efforts concrets du gouvernement pour les criminaliser”

regrettent les auteurs du rapport.

Des cas traités comme de simples “affaires privées”

Pour arriver à cette conclusion, près de 600 crimes (coups, brûlures, viol, prostitution et mariages forcés, attaques à l’acide, suicides forcés, échanges de filles pour solder une dette…) et meurtres – y compris ceux pour défendre “l’honneur” des hommes – ont été examinés et suivis entre août 2015 et décembre 2017 par la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (Manua). Le rapport précise que sur 280 cas de meurtres familiaux (dits “d’honneur”), seuls 50 ont été judiciairement punis – soit 18% – entre janvier 2016 et janvier 2017.

Le document pointe notamment certains cas, traités comme de simples “affaires privées”. De fait, des crimes parfois passibles de la peine de mort, sont renvoyés devant des médiateurs (“barbes blanches”, chefs de communauté, assemblées villageoises…). Résultat ? Les crimes sont dépénalisés.

Pourtant, la police doit saisir les tribunaux pour cinq types de crimes dont le viol, la prostitution forcée, ou encore l’immolation depuis la Loi dite “Evaw”. Or, malgré la mise en place de cette Loi pour l’Elimination des violences contre les femmes créée en 2009, de nombreux cas sont réglés par des médiations informelles.

De nombreux cas où les victimes ont été renvoyées devant des médiations informelles sous la pression des familles, des ONG et même des institutions mises en place par la loi Evaw (…) avec l’accord des autorités, en violation du Code pénal.

Révèle la Manua.

Résultat ? Les femmes sont appelées à retirer leur plainte avant la médiation puisqu’une fois traitées via une médiation, les affaires deviennent de simples “disputes familiales”. Des procédures contraires à l’intérêt des femmes, qui sont encouragées à se réconcilier avec leurs bourreaux, ou à demander le divorce selon le rapport.

Au contraire de l’Afghanistan, en Arabie Saoudite les femmes obtiennent de plus en plus de droits. Le dernier en date, elles sont désormais autorisées à conduire un véhicule.

Publié le mardi 29 mai 2018 à 18:00, modifications mardi 29 mai 2018 à 13:24

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