Monde

Affaire Skripal : la Russie se dit pas responsable de la “guerre diplomatique”

La Russie s’est défendue vendredi d’être responsable de la “guerre diplomatique” qui s’envenime entre Moscou et Washington, après leurs décisions respectives d’expulser des diplomates sur fond de scandale provoqué par l’empoisonnement d’un ex-agent double russe au Royaume-Uni.

STORY - Episode 30/38

Cet article fait partie d'une "story" (une story est un ensemble d'articles relatifs à un sujet précis suivi par nos journalistes)
Tout lire : Affaire Skripal

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Ce n’est pas la Russie qui a engagé une guerre diplomatique (…), ce n’est pas la Russie qui a initié un échange de sanctions ou un échange d’expulsion de diplomates.

a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Cette déclaration intervient alors que Moscou a annoncé jeudi l’expulsion de 60 diplomates américains en réponse aux mesures équivalentes prises par Washington après l’empoisonnement le 4 mars d’un ex-agent double russe, Sergueï Skripal, et de sa fille Ioulia au Royaume-Uni. Londres impute à la Russie cet empoisonnement avec un agent neurotoxique, malgré de multiples démentis de Moscou.

L'ambassadeur du Royaume-Uni en Russie, Laurie Bristow, quitte le ministère russe des Affaires étrangères à Moscou, le 30 mars 2018

(credit photo AFP) L’ambassadeur du Royaume-Uni en Russie, Laurie Bristow, quitte le ministère russe des Affaires étrangères à Moscou, le 30 mars 2018

Les 60 diplomates américains expulsés (58 employés de l’ambassade à Moscou et deux du consulat général des Etats-Unis à Ekaterinbourg dans l’Oural) “ont été déclarés +persona non grata+ pour leurs activités incompatibles avec leur statut diplomatique” et ont une semaine pour quitter la Russie, selon le ministère russe des Affaires étrangères, qui a également ordonné la fermeture d’ici samedi du consulat général des Etats-Unis à Saint-Pétersbourg (nord-ouest).

Il n’y a aucune justification à la réaction russe.

a aussitôt déploré la porte-parole du département d’Etat américain, Heather Nauert, en assurant que les Etats-Unis se réservaient “le droit d’y répondre” en examinant différentes “options”.

Nous ne sommes pas d’accord avec cette appréciation.

a réagi M. Peskov.

“La Russie a été obligée de prendre des mesures de rétorsion en réponse aux actes inamicaux et illégitimes” de Washington, a-t-il souligné.

Le président russe Vladimir Poutine “reste partisan du développement de bonnes relations avec tous les pays, y compris les Etats-Unis”, a assuré M. Peskov.

Mesures identiques

Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, en Angleterre. Les autorités britanniques ont imputé la responsabilité de leur empoisonnement à la Russie.

En représailles, le Royaume-Uni a expulsé 23 diplomates russes et annoncé le gel des relations bilatérales.

L'ambassadrice de France en Russie, Sylvie Bermann, quitte le ministère russe des Affaires étrangères à Moscou, le 30 mars 2018

(credit photo AFP) L’ambassadrice de France en Russie, Sylvie Bermann, quitte le ministère russe des Affaires étrangères à Moscou, le 30 mars 2018

Au total, dans le cadre de mesures de rétorsion coordonnées entre Occidentaux, sans précédent même à l’époque de la Guerre froide, plus de 140 diplomates russes en Europe, en Amérique du Nord, en Ukraine ou en Australie doivent être expulsés.

Les Etats-Unis mènent de loin ce mouvement avec l’expulsion de 60 “espions” russes, présentée comme “la plus importante” de l’histoire, et la fermeture du consulat russe à Seattle.

“Les mesures de représailles seront identiques” pour tous les pays ayant annoncé l’expulsion de diplomates russes, “et pas seulement”, a promis jeudi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, sans donner plus de précisions.

Vendredi, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué convoquer les ambassadeurs “d’un certain nombre de pays qui ont pris des mesures inamicales à l’égard de la Russie en +signe de solidarité+ avec la Grande-Bretagne”.

Les ambassadeurs du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne se sont notamment rendus au ministère en début d’après-midi, selon un photographe de l’AFP sur place.

On n’a pas le choix

L'ambassadeur d'Allemagne en Russie Ruediger Von Fritsch quitte le ministère russe des Affaires étrangères à Moscou, le 30 mars 2018

(credit photo AFP) L’ambassadeur d’Allemagne en Russie Ruediger Von Fritsch quitte le ministère russe des Affaires étrangères à Moscou, le 30 mars 2018

“Pour rétablir la vérité”, la Russie a également demandé la convocation d’une “session extraordinaire” du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), selon M. Lavrov, qui a appelé jeudi les Occidentaux à avoir “une conversation honnête” avec les Russes.

La Russie souhaite une enquête objective et impartiale.

a expliqué vendredi Dmitri Peskov, en réitérant que Moscou “n’est catégoriquement pas d’accord avec les accusations l’impliquant dans cet incident”.

A Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale russe, l’évacuation des meubles et des cartons était en cours vendredi au consulat général des Etats-Unis, qui doit être fermé d’ici samedi, a constaté une journaliste de l’AFP.

“Pourquoi fermer un consulat?”, s’interroge Natalia Afanassieva, 60 ans, qui habite à côté. “C’est triste ce qui se passe en ce moment dans la politique internationale”, a-t-elle confié à l’AFP.

“On n’a pas le choix, on nous insulte, et il ne faut pas tolérer cela”, a assuré pour sa part, Sergueï Grigoriev, 38 ans, en passant devant le bâtiment.

Publié le vendredi 30 mars 2018 à 13:23, modifications vendredi 30 mars 2018 à 17:07

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !