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Affaire Khashoggi : Les tueurs transportaient seringues, agrafeuses et bistouris dans leurs valises

Selon des images publiées par un quotidien turc, les valises des responsables du meurtre de Jamal Khashoggi contenaient des seringues, des agrafeuses mais aussi un bistouri.

Des seringues, des agrafeuses, des défibrillateurs ou encore des bistouris … Des valises passées au rayon X dévoilent un contenu digne d’un film noir. Ainsi, le quotidien turc Sabaha a publié ce mardi 13 novembre ce qu’il considère comme les images du scanner des bagages de l’équipe saoudienne qui aurait tué le journaliste Jamal Khashoggi.

Bistouris, seringues, agrafeuse, scalpel

L’éditorialiste saoudien, exilé aux Etats-Unis depuis 2017, a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul. Il s’y était rendu pour des démarches administratives pour son mariage. Selon le parquet turc, il a été tué par strangulation, puis démembré. Cette opération a été menée par 15 personnes envoyées d’Arabie saoudite et reparties le jour même du crime. Selon le déroulement des événements fourni par le président turc Recep Tayyip Erdogan, ces 15 personnes sont reparties à bord de deux vols privés, et un vol régulier.

Ce journal, proche du pouvoir, avait déjà publié en octobre des extraits de la caméra de vidéo-surveillance du consulat saoudien en Turquie. On y voyait distinctement les quinze visages de l’équipe envoyée d’Arabie Saoudite. Elle entre dans le bâtiment le 2 octobre, jour de la mort de Jamal Khashoggi.

Ainsi, parmi les objets qui apparaissent sur les images, certains font froid dans le dos : bistouris, seringues, agrafeuse, scalpel … Un arsenal qui laisse imaginer le sort qu’a subi le journaliste Jamal Khashoggi à l’intérieur du consulat. Certains objets, en apparence inoffensifs, montrent de leur côté que l’acte était prémédité. Toujours selon Sabaha, il y aurait ainsi eu dans les bagages dix téléphones, cinq talkies-walkies et un appareil brouilleur d’ondes.

Le prince héritier saoudien est-il le patron ?

Or, ces images ne sont pas seules à venir valider le mode opératoire qui a mené à l’assassinat du dissident saoudien. En effet, la diffusion de ces clichés survient au lendemain d’une publication qui décrit un enregistrement du meurtre. Celle-ci a été transféré par la Turquie à plusieurs puissances occidentales. Ainsi, lundi 12 novembre, le New-York Times a retranscrit le contenu d’un enregistrement audio. Dans celui-ci l’un des responsables du meurtre demande à un interlocuteur au téléphone de « dire à son patron » que l’opération était terminée. Si, le nom du « patron » n’est pas énoncé, selon le quotidien, des responsables des services de renseignement américains estiment qu’il s’agit du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Avant cela, Recep Tayyip Erdogan avait déjà accusé les « plus hauts niveaux du gouvernement saoudien » d’avoir commandité cette opération.

Cet enregistrement est épouvantable. Même un membre du renseignement saoudien a été si choqué qu’il a dit en l’écoutant. ‘Il doit avoir pris de l’héroïne, seul quelqu’un qui est sous héroïne peut faire cela’.

A ainsi déclaré le chef de l’Etat turc à des journalistes.

Publié le mercredi 14 novembre 2018 à 14:01, modifications mercredi 14 novembre 2018 à 11:08

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