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Mohamed Merah : Son frère part en croisade contre la radicalisation

Le frère de Mohamed Merah, le terroriste qui a tué sept personnes entre Toulouse et Montauban en 2012, dénonce la radicalisation et s’engage dans une association qui lutte contre ce phénomène.

Abdelghani Merah est l’aîné de la fratrie Merah, celui qui avait trahi sa famille en dénonçant les tueries de son frère, Mohamed, en 2012.

A presque 40 ans et avec son accent du Sud-Ouest, il raconte comment un matin de mars, il avait reconnu aux informations, la rue de son frère et avait choisi de dénoncer Mohamed Merah :

Je suis arrivé en trombe, paniqué. Les policiers ont cru que je voulais les attaquer. Mais je voulais les aider à négocier avec Mohamed.

Relate-t-il lors d’un entretient avec l’AFP.

Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il dénonçait un membre de sa famille. En 2003, il avait signalé son autre frère, Abdelkader, qui se faisait surnommer « Ben Laden » dans le quartier.

Pour Abdelghani Merah, ce sont ses parents qui sont responsables de ce « terreau fertile à la radicalisation » sans limite qui a contaminé ses frères et sa sœur, Souad.

Ma mère disait toujours que les Arabes sont nés pour détester les Juifs. Et mon père estimait que les Palestiniens ont raison de se faire exploser et les Israéliens ont ce qu’ils méritent.

S’il ne parvient pas à comprendre pour quelle raison il n’a pas lui aussi sombré dans la radicalisation, il souhaite agir pour venir en aide aux autres familles.

J’étais plutôt un bon gardien, courtisé par des clubs de foot réputés, c’est peut-être de là que vient mon ouverture.

Après les attaques de Toulouse et Montauban, Abdelghani avait écrit un livre Mon frère, ce terroriste, qui lui avait valu d’être rejeté par ses proches :

Pour eux, j’avais fait la pire des choses, la balance, le harki comme ils disent. J’ai perdu tous mes amis du jour au lendemain. J’ai cru être soulagé après le livre, mais, en fait, j’étais déprimé. Ma famille en voulait plus à moi qu’à Mohamed. J’avais beaucoup de peine pour eux, ils ne se rendaient pas compte de ce qu’ils faisaient de l’idolâtrer comme ça. Pour eux, il n’avait pas tué des enfants mais des Juifs.

Alors qu’il assiste à un colloque à Paris sur la déradicalisation avec Mohamed Sifaoui avec qui il avait co-écrit son livre, il rencontre des membres de l’association Entr’autres. Dès lors il décide de s’engager avec eux dans la lutte contre la radicalisation.

Je peux apporter quelque chose, casser le mythe de Mohamed. Dire aux jeunes que mon frère était faible et qu’il s’est fait voler son cerveau. Les mères, j’essaie de les réconforter, de leur dire que ce qu’elles font est essentiel. Si Mohamed avait eu de leur amour, il ne serait jamais devenu Mohamed Merah. Je les préviens aussi : s’il y a un salafiste dans la famille, il faut le couper des autres, car les attentats de Bruxelles et de Paris montrent bien la place qu’occupe la fratrie dans le djihad.

Publié le mercredi 20 avril 2016 à 9:47, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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