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Mobilisation en recul pour la cinquième journée des “gilets jaunes”

Une poignée de barrages et des interrogations: quelques blocages de dépôts pétroliers et d’axes routiers subsistaient mercredi matin, au cinquième jour de la mobilisation des “gilets jaunes” qui semble marque le pas avant un rendez-vous fixé samedi à Paris.

Point de barrage durable et théâtre de dégradations ces derniers jours, le péage de l’autoroute A10 à Virsac, au nord de Bordeaux, était en cours d’évacuation peu avant 08H00, a indiqué la préfecture de la Gironde.

L’autoroute était bloquée dans les deux sens, selon l’opérateur Vinci Autoroutes, qui fait également état de manifestants à plusieurs autres sorties de cet axe reliant Bordeaux à Paris.

Des barricades érigées par des

(credit photo AFP) Des barricades érigées par des “gilets jaunes” à Port-La-Nouvelle, dans l’Aude, le 20 novembre 2018

Des barrages filtrants persistaient également sur l’A16 à Calais, sur la N88 en Haute-Loire, sur l’A72 dans la Loire et sur l’A62 en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, ont relevé les bureaux de l’AFP.

En Seine-Maritime, les autorités ne recensaient que cinq ronds-points bloqués.

Après un week-end mobilisateur, le nombre de “gilets jaunes” sur les routes recule jour après jour, de 290.000 manifestants recensés samedi à travers la France à 27.000 lundi et une dizaine de milliers mardi. Mais des actes de “violences graves et répétées” sur certains points de blocage inquiètent les autorités, confrontées à une mobilisation sans organisateur ou leader clairement désignés.

Des manifestants

(credit photo AFP) Des manifestants “gilets jaunes” le 20 novembre 2018 à Rennes

Face à ce mouvement qui a essaimé sur les réseaux sociaux hors de tout cadre politique et syndical, l’exécutif alterne appels au “dialogue”, prôné notamment par Emmanuel Macron mardi, et démonstrations de “fermeté”, par la voix du ministère de l’Intérieur.

“Les interventions des forces de l’ordre se poursuivront dans les heures qui viennent pour libérer les sites sensibles faisant encore l’objet de blocages”, a ainsi prévenu le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dans un communiqué dans la nuit.

Depuis lundi, “30 sites stratégiques, dont 15 sites pétroliers, cinq accès à des zones commerciales et six accès et axes autoroutiers” ont été libérés, a détaillé Beauvau.

Deux personnes ont trouvé la mort -un motard décédé mardi après une collision la veille avec une camionnette qui tentait d’éviter un barrage dans la Drôme et une femme manifestante renversée par une automobiliste samedi en Savoie-, 552 ont été blessées, auxquelles s’ajoutent 95 blessés parmi les forces de l’ordre, selon le ministère.

Par ailleurs, 582 personnes ont été interpellées et 450 placées en garde à vue depuis samedi.

“On restera”

A La Réunion, le mouvement a donné lieu à une flambée de violences et un couvre-feu a été mis en place la nuit dans la moitié des communes. La ministre des Outre-mer Annick Girardin a condamné une situation “intolérable”, et des “violences urbaines” par des “bandes de jeunes gens qui n’ont rien à voir avec les +gilets jaunes+”.

Dégâts à Saint-Denis-de-la-Réunion après plusieurs jours d'actions des

(credit photo AFP) Dégâts à Saint-Denis-de-la-Réunion après plusieurs jours d’actions des “gilets jaunes”, le 20 novembre 2018

En métropole, six personnes ont été arrêtées dans la nuit de lundi à mardi pour des jets de projectiles sur les forces de l’ordre à Langueux (Côtes-d’Armor). Au péage de Virsac, des manifestants “ont saccagé et mis le feu aux installations”, selon Vinci Autoroutes.

Christophe Castaner s’est alarmé d’une “dérive totale” du mouvement et d’une “radicalisation”. “Nous avons face à nous des militants qui ont de plus en plus envie d’en découdre avec les forces de l’ordre et avec des automobilistes”, a insisté mardi soir son secrétaire d’État Laurent Nuñez.

“On est déterminés et on restera. On sera les derniers à Calais mais on tient bon”, a affirmé à l’AFP Romuald, âgé d’une vingtaine d’années, participant à une action mercredi matin sur l’A16.

Mais sur les barrages, certains s’interrogent: faut-il continuer à bloquer coûte que coûte ou se concentrer sur “l’Acte 2” du mouvement, une manifestation nationale samedi à Paris?

Des appels à un grand rassemblement place de la Concorde circulent. Plus de 30.000 personnes se sont déclarées “participants” à cet événement créé sur Facebook, et près de 200.000 “intéressées”.

Cette manifestation ne sera pas interdite mais elle ne pourra pas se tenir sur la place de la Concorde pour des raisons de sécurité, a assuré Laurent Nuñez, répétant l’appel à déclarer cette manifestation auprès de la préfecture de police pour trouver un lieu “plus +sécure+”.

Plusieurs leaders politiques entendent se joindre à cette journée. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a indiqué que ses militants y participeraient. Le député du Rassemblement national (RN, ex-FN) Gilbert Collard y sera.

Côté syndical, seule la fédération FO des transports et de la logistique a appelé à se joindre aux “gilets jaunes” pour obtenir une “augmentation du pouvoir d’achat”.

Publié le mercredi 21 novembre 2018 à 8:40, modifications mercredi 21 novembre 2018 à 8:40

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