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Millas : après l’accident, le collège rouvre sous le choc

Les victimes étaient leurs amis, leurs camarades de classe. Après le tragique accident entre un bus scolaire et un train qui a fait quatre morts à Millas, le collège a rouvert ses portes vendredi matin pour permettre aux élèves de commencer leur travail de deuil.

STORY - Episode 6/9

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A bicyclette, en trottinette ou en autobus comme celui coupé en deux jeudi après-midi par un TER sur un passage à niveau, les collégiens sont entrés comme tous les jours vers 08H00 dans l’établissement de ce gros village des Pyrénées-Orientales, situé à une vingtaine de kilomètres de Perpignan. Certains sont accompagnés par leurs parents, pour les aider à tenir le choc.

Un gendarme observe des collégiens arrivant au collège Christian Bourquin, à Millas, près de Perpignan, le 15 décembre 2017

(credit photo AFP) Un gendarme observe des collégiens arrivant au collège Christian Bourquin, à Millas, près de Perpignan, le 15 décembre 2017

Leurs enseignants étaient arrivés à partir de 07H00 pour être préparés à accueillir les adolescents, grâce à une cellule médico-psychologique d’une soixantaine de personnes venues de toute la région et composée de psychologues, d’infirmières et d’assistantes sociales.

Habillée de noir, en hommage aux victimes de l’accident qui a également fait 20 blessés dont 10 en état d’urgence absolue, Lorena Garciès, élève de troisième, a tenu à venir pour ses camarades. Parmi eux figuraient sa cousine et une amie qui étaient dans le bus mais en sont quittes pour “un traumatisme” ou des “fractures”.

“Dès que j’ai ouvert l’oeil, j’ai pensé à ça”

Ainsi, la collégienne confie :

Si j’étais restée à la maison, j’y aurais pensé. Dès que j’ai ouvert l’oeil, j’ai pensé à ça, j’ai pleuré ce matin. Je suis allée dormir à deux/trois heures du matin, je regardais les informations, je n’arrivais pas à dormir. Là je veux être forte pour eux.

Des drapeaux en berne sur la façade du collège Christian Bourquin, à Millas, le 15 décembre 2017

(credit photo AFP) Des drapeaux en berne sur la façade du collège Christian Bourquin, à Millas, le 15 décembre 2017

Lilou, élève de 5e dont le meilleur ami a été légèrement blessé dans l’accident, est toujours sous le choc, en pleurs, au bras de sa mère, Sabrina Messas. Cette-dernière confie, au bord des larmes :

Je n’ai pas de mots, je ne sais pas quoi dire, je pense aux familles, à tous ces enfants, c’est trop dur. C’est l’incompréhension totale encore ce matin, c’est important qu’ils soient ensemble, qu’ils puissent parler, mettre des mots sur ce qui s’est passé.

Détecter les personnes fragiles

Tel est le but du rassemblement : commencer le travail de deuil, ne pas laisser les enfants seuls face au drame, “détecter aussi les gens qui sont très fragiles”, dit le docteur Abdelkader Taoui, médecin de l’Education Nationale et membre de la cellule d’aide. ”

Et d’ajouter :

Rassurer, écouter, accompagner, c’est primordial.

Ce rôle incombe aussi aux enseignants, tout aussi bouleversés par l’accident et parfois démunis face à la réponse à donner à leurs élèves. ordi Sales, professeur de catalan et d’espagnol du collège, déclare :

Je ne sais même pas comment je vais m’y prendre. J’essaie de tenir le coup et on verra bien. Ca va toucher tout le monde. C’est pas que les élèves, toute la communauté éducative va être touchée.

La recteure de région Armande Le Pellec Muller, déclare quant à elle :

Laisser les élèves parler, dire aujourd’hui ce qu’ils ont envie de dire : on sait que ces moments, maintenant mais aussi plus tard, sont importants.

Publié le vendredi 15 décembre 2017 à 14:09, modifications vendredi 19 janvier 2018 à 10:34

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