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Calais : Pour la Maire, Nathalie Bouchart, pas de points d’eau ni de sanitaires pour les migrants

Natacha Bouchart, la maire de Calais, refuse de « se plier à la décision du Conseil d’État » quant à l’installation de points d’eau et de sanitaires.

Natacha Bouchart peut-elle dire « non » à une décision du Conseil d’Etat et s’opposer au discours du ministre de l’Intérieur ?

Selon un communiqué relayé par Le Figaro, c’est en tout cas ce que s’apprête à faire la maire de Calais avec force et détermination.

En effet, quelques heures après que le Conseil d’Etat a rejeté, lundi 31 juillet, son appel contre une ordonnance lui enjoignant de mettre en place des accès à l’eau pour les migrants, la maire de la ville, Natacha Bouchart, a affirmé qu’elle ne « donnera pas suite aux injonctions ».

S’il ne saurait être question de mésestimer la situation d’extrême précarité des migrants, je ne puis accepter de mettre en place ces installations. Elles réuniraient à nouveau les conditions de création de campements, de bidonvilles et de points de fixation.

L’édile calaisienne a notamment justifié dans son communiqué :

La décision de justice du Conseil d’Etat est une injustice pour les Calaisiens. Car elle les met de nouveau sous la menace de la recréation d’une énième jungle.

En outre, elle a déploré « l’absence de politique nationale  et européenne offrant une solution globale de maîtrise de l’immigration ».

Pour rappel, saisi en référé par onze associations et une cinquantaine de migrants, le tribunal administratif de Lille avait écarté le 26 juin la création d’un nouveau centre d’accueil d’urgence pour les migrants à Calais.

Cependant, il avait ordonné la mise en place de mesures pour leur venir en aide, comme la création de points d’eau et de sanitaires.

La commune et le ministère de l’intérieur avaient décidé de faire appel de la décision et demandé au juge des référés du Conseil d’Etat d’annuler l’ordonnance.

La commune a tout essayé : centres ouverts, campements, bâtiments modulables, lieux de distribution de repas, mais rien n’a fonctionné.

Avait alors plaidé l’avocat de Calais lors de l’audience, en priant les juges d’épargner à la ville « la situation d’épouvante qu’elle a déjà subie ».

Un plaidoyer que n’a pas suivi l’institution publique.

100€ par jour d’amende

Ainsi, en rejetant la décision du Conseil d’Etat, la municipalité se voit contrainte de payer 100 € par jour d’amende.

C’est déjà inscrit dans le budget des dépenses imprévues de la Ville. Je préfère payer cela plutôt que d’encourager une situation qui mènerait à 10.000 migrants à Calais dans un an.

A déjà prévenu Natacha Bouchart.

De cette manière, l’élue Les Républicains s’oppose également au ministre de l’Intérieur qui a annoncé l’installation de douches mobiles à Calais.

Je ne ferai rien.

A insisté la maire de Calais en ajoutant :

Si le ministre veut installer des douches, il réquisitionnera. Ce sera de sa responsabilité.  »

Natacha Bouchart a réaffirmé qu’elle s’opposerait « à tout dispositif ».

Je prends un risque, très certainement. Dans la vie, il faut prendre des risques.

A-t-elle encore lancé.

Peu après la publication du jugement du Conseil d’Etat, Gérard Collomb a annoncé l’ouverture de deux centres à Troisvaux (Pas-de-Calais) et Bailleul (Nord).

Nous ne voulons pas recommencer les mauvaises expériences du passé. Nous ouvrirons deux centres assurant l’hébergement et l’examen des situations de ces personnes.

A ainsi déclaré le Ministre de l’intérieur.

Le 12 juillet, le gouvernement présentait son plan pour « garantir le droit d’asile et mieux maîtriser les flux migratoires » en conseil des ministres.

Cependant, le texte n’apporte pas de réponses spécifiques aux situations de Calais, Grande-Synthe, ou encore Paris.

Publié le mardi 1 août 2017 à 11:33, modifications mardi 1 août 2017 à 21:29

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