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Meurtres dans l’Yonne: Michel Fourniret confronté à son ex-femme chez la juge

Une première depuis onze ans: Michel Fourniret, qui a récemment reconnu deux nouveaux meurtres dans l’Yonne, retrouve vendredi son ex-femme Monique Olivier à Paris dans le bureau de la juge d’instruction qui veut confronter leurs versions.

Les deux ex-époux seront entendus à partir de 10H00, selon l’avocat de Mme Olivier, Me Richard Delgenes, confirmant une information d’Europe 1.

La juge d’instruction espère ainsi obtenir plus d’informations sur les meurtres de deux jeunes femmes commis dans les années 1990, que le tueur en série, aujourd’hui âgé de 76 ans, a reconnu en février, après les avoir niés dans le passé: ceux de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domece.

Le 17 mai 1990, le corps nu de la Britannique Joanna Parrish, alors assistante d’anglais au lycée Jacques-Aymot d’Auxerre, avait été retrouvé à Monéteau. La jeune femme de 20 ans avait été violée et battue avant sa mort.

Marie-Angèle Domece, handicapée mentale, avait pour sa part disparu le 8 juillet 1988 dans l’Yonne, à 19 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.

A deux reprises, Monique Olivier avait attribué les meurtres des deux jeunes femmes à Michel Fourniret, avant de se rétracter par la suite.

Les parents de Joanna, Roger Parrish (D) et Pauline Sewell à  Paris le 4 mai 2018

(credit photo AFP/Archives) Les parents de Joanna, Roger Parrish (D) et Pauline Sewell à Paris le 4 mai 2018

Entendu en février et mars dans le cadre de l’enquête menée par la juge d’instruction parisienne Sabine Khéris, Michel Fourniret avait livré des “aveux réitérés” pour ces deux nouveaux crimes.

Comme de coutume, celui qui est surnommé “l’ogre des Ardennes” s’était montré très mystérieux lors des interrogatoires. “Si ces personnes n’avaient pas croisé mon chemin elles seraient toujours vivantes”, a-t-il déclaré lors d’une de ces auditions de février dont l’AFP a eu connaissance. Mais il n’a rien livré sur les circonstances des meurtres, ni sur le lieu où pourrait se trouver le corps de Marie-Angèle Domece.

Fouilles infructueuses

Fin septembre-début octobre, des fouilles ont été menées dans l’Yonne. Michel Fourniret et Monique Olivier ont été amenés tour à tour sur les lieux mais les fouilles n’ont rien donné, selon une source proche de l’enquête. Des recherches ont notamment été entreprises à Auxerre, à Monéteau, sur un terrain familial à Saint-Cyr-les-Colons et un bois proche du village.

Michel Fourniret avait été mis en examen le 11 mars 2008 pour les enlèvements et les assassinats de ces deux jeunes femmes avant de bénéficier dans ce dossier, par la suite dépaysé de Charleville-Mézières à Paris, d’un non-lieu le 14 septembre 2011. Mais l’affaire avait été relancée en juin 2012 quand la cour d’appel de Paris avait annulé ce non-lieu et demandé aux juges de rouvrir l’instruction sur la base de nouvelles pistes, suscitant les espoirs des parties civiles.

Des fouilles ont été menées à Saint-Cyr-les-Colons le 7 mars 2018, dans l'enquête sur la disparition de Marie-Angèle Domece, dont le tueur en série Michel Fourniret a avoué le meurtre

(credit photo AFP/Archives) Des fouilles ont été menées à Saint-Cyr-les-Colons le 7 mars 2018, dans l’enquête sur la disparition de Marie-Angèle Domece, dont le tueur en série Michel Fourniret a avoué le meurtre

Depuis qu’elle a repris en main le dossier, la juge Sabine Khéris tente de comprendre les ressorts psychologiques du tueur et de faire parler la mémoire du septuagénaire sur ces faits vieux de plus de 30 ans.

Selon les avocats des familles des deux jeunes filles, la magistrate pourrait clore l’instruction à la fin de l’année, ouvrant la voie à un nouveau procès d’assises courant 2020.

Michel Fourniret a été condamné en 2008 par la cour d’assises des Ardennes à la perpétuité incompressible pour sept autres meurtres. Monique Olivier a, elle, écopé de la perpétuité, accompagnée d’une mesure de sûreté de 28 ans, pour sa complicité dans cinq meurtres.

Le tueur en série sera par ailleurs jugé par la cour d’assises des Yvelines en novembre pour l’assassinat crapuleux en 1988 de l’épouse d’un ex-codétenu, Farida Hammiche, qui lui avait permis de faire main basse sur le magot du “gang des postiches”. Monique Olivier, 69 ans, sera jugée pour complicité. Le couple, qui a divorcé en 2010, devra également répondre de recel.

Publié le vendredi 19 octobre 2018 à 10:10, modifications vendredi 19 octobre 2018 à 10:10

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