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Mathias Depardon, le photojournaliste retenu en Turquie, est rentré en France

Le photojournaliste français, Mathias Depardon est arrivé sur le sol français ce vendredi après avoir été détenu un mois en Turquie.

Le français Mathias Depardon, était détenu depuis un mois en Turquie. Il avait été arrêté début mai pendant un reportage dans le sud-est du pays.

Or, selon une information de Reporters sans Frontières relayée par Le Monde, son avion s’est posé peu après 22h, ce vendredi 9 juin, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Il a été accueilli par le directeur de cabinet de l’Élysée, Patrick Strzoda, et le sherpa Philippe Etienne.

A son arrivée, Mathias Depardon s’est entretenu par téléphone avec Emmanuel Macron qui avait annoncé son retour en France dans la soirée sur Twitter.

Plus tôt dans la journée de vendredi, le photojournaliste a pris un avion à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie pour rejoindre Istanbul. D’où il s’est ensuite envolé pour la France.

Répondant aux questions des journalistes, Mathias Depardon s’est dit « heureux d’être à Paris, d’être en France ».

Je vais très bien.

A-t-il assuré, affichant un large sourire, mais l’air visiblement fatigué.

Ce qui est compliqué, c’est qu’on ne sait pas combien de temps on va rester en détention. Je savais que légalement je pouvais être détenu jusqu’à un an.

A-t-il ajouté, précisant qu’il avait eu « très peu de contacts, voire aucun, avec les autres détenus ».

Son expulsion est survenue au lendemain d’une visite de sa mère dans le centre de rétention de Gaziantep où il avait été transféré il y a un mois.

Accusé de propagande terroriste

Installé en Turquie depuis cinq ans, ce journaliste indépendant âgé de 37 ans a été arrêté à Hasankeyf le 8 mai dernier. Les autorités turques lui avaient reproché de travailler sans carte de presse. Il réalisait alors un reportage sur le Tigre et l’Euphrate pour National Geographic.

Ensuite, les autorités turques l’ont soupçonné d’avoir fait de la « propagande terroriste ». Pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos prises au cours d’un reportage sur le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes).

A l’annonce de sa détention, une forte mobilisation s’était organisée.

Les défenseurs de la liberté de la presse avaient dénoncé une dégradation des conditions de travail des journalistes turcs et étrangers en Turquie.

Sur Internet, notamment parmi ses confrères français, une mobilisation avait été déclenchée en faveur de la libération du photojournaliste. Avec sur Twitter le hashtag #FreeMathias.

Mathias Depardon est le dernier d’une série de journalistes européens arrêtés ou expulsés par les autorités en Turquie.

Je pense que l’idée était d’envoyer un message assez fort auprès des journalistes étrangers et turcs.

A détaillé Mathias Depardon.

Or, les organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent des atteintes régulières à cette liberté de la part des autorités turques. Notamment depuis la tentative de coup d’Etat du 15 juillet.

En effet, plus de 100 journalistes turcs sont actuellement incarcérés en Turquie. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan cible parfois les correspondants étrangers.

En outre, Reporters sans Frontières rappelle que selon son classement 2017 pour la liberté de la presse, ce pays occupe la 155ème place sur 180.

 

Publié le samedi 10 juin 2017 à 9:33, modifications samedi 10 juin 2017 à 9:33

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