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Manuel Valls apporte son soutien aux maires qui interdisent le burkini

Dans une interview accordée à La Provence, le Premier ministre est revenu sur la polémique du burkini au cœur de tous les débats de ces derniers jours.

Mercredi 17 août, Manuel Valls a répondu aux questions du journal La Provence. L’occasion pour le chef du gouvernement de s’exprimer au sujet de la controverse autour du port du burkini.

Les plages, comme tout espace public, doivent être préservées des revendications religieuses. Le burkini n’est pas une nouvelle gamme de maillots de bain, une mode.

A-t-il précisé dès le début de l’entretien.

Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe de chercher des solutions, d’éviter des troubles à l’ordre public. Je soutiens donc ceux qui ont pris des arrêtés, s’ils sont motivés par la volonté d’encourager le vivre ensemble, sans arrière-pensée politique.

A expliqué Manuel Valls en faisant référence aux maires de Cannes, Villeneuve-Loubet ou Sisco qui ont publié des arrêtés interdisant le port du burkini.

Jusqu’à présent, en plus des trois communes ci-dessus, quatre autres mairies françaises ont pris des arrêtés, ou sont sur le point de le faire, contre le port du burkini dans leurs municipalités : Mandelieu-la-Napoule, Leucate, Le Touquet et Oye-Plage.

En effet, alors que la France vit des moments de fortes tensions, les élus locaux cherchent à mettre en place des solutions. Le Premier ministre entend donc leur apporter son soutien mais sous certaines conditions.

Je ne crois pas qu’il faille légiférer en la matière. La réglementation générale des prescriptions vestimentaires ne peut être une solution.

Depuis les attentats qui ont endeuillé la France, Manuel Valls n’a de cesse de marteler que les réponses devaient venir des musulmans eux-mêmes ainsi que leurs autorités religieuses.

Il les a appelé à condamner et à rejeter les pratiques qui relèvent d’une vision de l’islam qu’il qualifie « d’archaïque, de mortifère et d’incompatible avec les valeurs de la République et de la France ».

La Fondation créée par Dominique de Villepin était au point mort. Si Bernard Cazeneuve a décidé de la relancer, c’est parce que nous sommes à un moment clé pour l’islam de France. Il appartiendra à la Fondation de trouver des ressources sans lien avec des financements étrangers qui mettent en cause l’équilibre de l’islam dans notre pays.

Comme sa ministre aux Droits des femmes, Manuel Valls a estimé que le burkini n’était pas un simple accessoire de mode, mais la traduction d’un projet religieux dangereux.

C’est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme. Certains cherchent à présenter celles qui le portent comme des victimes, comme si nous mettions en cause une liberté … Mais ce n’est pas une liberté que d’asservir la femme. C’est pourquoi j’avais voté en faveur des lois de 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école, ou de 2010 sur le port du voile intégral dans l’espace public. Je n’accepte pas cette vision archaïque. Il y a l’idée que, par nature, les femmes seraient impudiques, impures, qu’elles devraient donc être totalement couvertes. Ce n’est pas compatible avec les valeurs de la France et de la République. Face aux provocations, la République doit se défendre.

Publié le mercredi 17 août 2016 à 13:22, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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