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Le processus en vue d’un règlement politique semble s’accélérer au Yémen

Le processus en vue d’un règlement politique au Yémen semble s’accélérer, après l’évacuation de rebelles blessés et un soutien marqué mardi du gouvernement émirati –un des principaux acteurs de la guerre– à la tenue de pourparlers de paix inter-yéménites en Suède.

Le médiateur de l’ONU, le Britannique Martin Griffiths, se trouve lui-même dans la capitale yéménite Sanaa, contrôlée par les rebelles Houthis. Lundi soir, le Koweït, qui avait accueilli les derniers pourparlers en 2016, a déclaré que la délégation rebelle quitterait le Yémen mardi pour la Suède où de nouvelles négociations pourraient s’ouvrir dès cette semaine.

Le gouvernement des Emirats arabes unis, un des piliers avec l’Arabie saoudite d’une coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite, a estimé mardi que les pourparlers prévus en Suède constituaient une chance “décisive” pour mettre fin à un conflit meurtrier qui dure depuis quatre ans.

“Nous pensons que la Suède offre une occasion décisive pour s’engager avec succès dans une solution politique pour le Yémen”, a déclaré Anwar Gargash, ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères.

L'émissaire de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths (C), à son arrivée à Sanaa, lors d'un précédent déplacement le 21 novembre 2018

(credit photo AFP/Archives) L’émissaire de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths (C), à son arrivée à Sanaa, lors d’un précédent déplacement le 21 novembre 2018

L’évacuation lundi vers le sultanat d’Oman de rebelles Houthis blessés au Yémen a ouvert la voix à des négociations en Suède. La question de l’évacuation d’insurgés blessés avait été à l’origine de l’échec de pourparlers en septembre à Genève.

Les Houthis avaient alors accusé l’Arabie saoudite, qui contrôle l’espace aérien yéménite, d’avoir empêché le départ de blessés et de ne pas avoir donné de garanties pour le voyage aller-retour en toute sécurité de la délégation rebelle.

Selon Anwar Gargash, l’évacuation lundi de 50 Houthis blessés “démontre une nouvelle fois le soutien apporté à la paix par le gouvernement yéménite et la coalition arabe”.

“Une solution durable menée par les Yéménites offre la meilleure chance pour mettre fin à la crise actuelle”, a-t-il dit, ajoutant toutefois: “Un Etat stable, important pour la région, ne peut coexister avec des milices illégales”.

M. Gargash a rappelé l’importance de la résolution 2216 adoptée en avril 2015 par le Conseil de sécurité de l’ONU qui souligne la légitimité du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi et exige le retrait des Houthis des villes et régions qu’ils occupent au Yémen, ainsi que la restitution des armes lourdes, dont les systèmes de missiles.

La résolution 2216 offre “une feuille de route réaliste”, a estimé le ministre émirati.

Soutien saoudien

Dès lundi, le colonel saoudien Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition antirebelles, avait déclaré que l’autorisation pour l’évacuation de blessés avait été donnée “à la demande” de Martin Griffiths “pour des raisons humanitaires” et comme “mesure destinée à instaurer la confiance” avant les pourparlers prévus en Suède.

Il avait aussi souligné que la coalition soutenait les efforts du médiateur de l’ONU “pour parvenir à une solution politique”.

La réouverture prochaine de l’aéroport international de Sanaa et un échange de prisonniers figurent parmi d’autres “mesures de confiance” possibles prochainement, selon des sources politiques yéménites.

L’Arabie saoudite est sous la pression des grands pays occidentaux depuis l’assassinat de Jamal Khashoggi, journaliste critique du prince héritier Mohammed ben Salmane, par des agents saoudiens le 2 octobre au consulat du royaume à Istanbul.

Parallèlement aux sollicitations pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui a terni l’image de Ryad, les appels se multiplient pour que les Saoudiens accélèrent un règlement politique au Yémen.

La situation humanitaire s’est considérablement aggravée ces derniers mois dans ce pays pauvre de la péninsule arabique où des millions de civils sont menacés par la famine, indépendamment des combats.

Partis en 2014 de leur bastion dans le nord du Yémen, les Houthis, qui sont soutenus politiquement par l’Iran, ont pris le contrôle de vastes régions du pays, dont la capitale Sanaa et la ville portuaire de Hodeida (ouest).

Depuis l’intervention militaire de la coalition sous commandement saoudien en mars 2015, les combats ont fait quelque 10.000 morts et plus de 56.000 blessés au Yémen, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Mais des ONG estiment que le bilan réel des victimes directes ou indirectes du conflit est largement plus élevé.

Publié le mardi 4 décembre 2018 à 9:10, modifications mardi 4 décembre 2018 à 9:10

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