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Le pape en Lituanie à l’écoute des jeunes qui quittent leur pays

Le pape François entame samedi une visite dans la catholique Lituanie, pour encourager une jeunesse rêvant d’émigration sans avoir connu l’étau du bloc soviétique et honorer les juifs exterminés du ghetto de Vilnius.

Son voyage de quatre jours dans les pays baltes, à la périphérie nord-est de l’UE, sera aussi consacré lundi à la Lettonie plutôt protestante et mardi à l’Estonie majoritairement non croyante.

Car le pape aime tendre la main aux plus petites communautés catholiques de la planète, tout en affichant son rapprochement avec les autres religions chrétiennes.

Son 25e déplacement à l’étranger s’annonce a priori serein, après son acrobatique week-end fin août en Irlande, pays meurtri par des abus passés du clergé.

François avait été accusé à distance par un prélat italien d’avoir longtemps sciemment ignoré les agissements de l’influent cardinal américain Theodore McCarrick, finalement démis en juillet de son ministère pour des abus sexuels anciens contre un adolescent.

Pressé par de nombreuses voix de l’Eglise à rétorquer, le chef des 1,3 milliard de catholiques n’est pas sorti de sa réserve avant son voyage dans les pays baltes.

La cathédrale de Vilnius, en Lituanie, s'apprête à accueillir la visite du Pape François, le 21 septembre 2018

(credit photo AFP) La cathédrale de Vilnius, en Lituanie, s’apprête à accueillir la visite du Pape François, le 21 septembre 2018

Mais, à la veille même de son départ pour Vilnius, François a dû encore annoncer deux nouvelles démissions d’évêques chiliens.

Mardi, l’Eglise allemande publiera d’ailleurs officiellement un rapport –déjà objet de fuites dans la presse– relatant qu’au moins 3.677 enfants ont été victimes entre 1946 et 2014 d’abus sexuels commis par 1.670 membres du clergé.

Auprès des jeunes

Samedi dès son arrivée à la mi-journée dans la capitale lituanienne, le pape s’entretiendra avec sa présidente et ancienne commissaire européenne Dalia Grybauskaite, avant de prononcer un premier discours devant les autorités civiles et diplomatiques.

Le pape François, le 15 septembre 2018 à Palerme, en Sicile

(credit photo AFP/Archives) Le pape François, le 15 septembre 2018 à Palerme, en Sicile

Dans l’après-midi, il s’arrêtera pour une prière dans un sanctuaire abritant une icône révérée par les pèlerins, sur les traces du pape polonais Jean-Paul II qui avait visité les pays baltes en 1993.

En mars 1990, la Lituanie fut la première république soviétique à déclarer son indépendance –devenue effective en 1991– avant de rejoindre l’UE et l’Otan en 2004.

Pour un diplomate lituanien du Vatican, “la situation est moins dramatique et il y aura probablement moins d’enthousiasme” pour cette deuxième visite d’un pape, vingt-cinq ans plus tard. Les organisateurs ont choisi des espaces plus restreints pour la venue du pape François, d’autant que la Lituanie (3,2 millions d’habitants) a perdu un quart de sa population.

Jorge Bergoglio rencontrera surtout samedi les jeunes nés après l’indépendance, sur la place de la cathédrale de Vilnius qui fut fermée au public durant l’occupation soviétique, transformée en galerie d’art et enfin en commerce de pièces détachées pour automobiles.

La Lituanie et les autres pays baltes ont connu une croissance économique rapide, mais aussi l’apparition d’inégalités sociales et une migration massive de jeunes vers l’Occident, qui pose un sérieux problème.

Le “temps fort” en Lituanie est attendu dimanche lorsque le pape ira prier devant le monument de victimes du ghetto de Vilnius, 75 ans jour pour pour après sa destruction.

Jusqu’en 1940, la Lituanie était la patrie de plus de 200.000 juifs, et Vilnius, du fait de son rayonnement spirituel, était surnommé la Jérusalem du Nord. Presque tous ont péri pendant l’occupation nazie entre 1941 et 1944.

François se rendra aussi dans le Musée des occupations et des luttes pour la liberté, ouvert dans les ex-locaux de la Gestapo allemande puis du KGB soviétique, où il découvrira deux cellules de prison et une chambre de tortures.

Il voyage dans les trois pays baltes dans l’année du centenaire de leur indépendance, obtenue à l’issue de la Première Guerre mondiale. Le siècle écoulé a été marqué par l’invasion nazie et près d’un demi-siècle d’occupation soviétique.

“Naturellement j’honorerai tous ceux dont les sacrifices dans le passé ont rendu possible la liberté actuelle”, a déclaré le pape dans un message vidéo adressé jeudi aux populations des pays baltes.

Martyrisée avec des centaines de prêtres arrêtés et déportés au Goulag, l’Eglise catholique a joué un rôle important dans la résistance pacifique au régime totalitaire stalinien, surtout en Lituanie, où près de 80% d’habitants se réclament du catholicisme. Elle reste influente dans la vie politique.

Publié le samedi 22 septembre 2018 à 7:10, modifications samedi 22 septembre 2018 à 7:10

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