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L’avenir de l’alimentation pointe le bout de son assiette au salon Sial

Préoccupations environnementales, exigence qualitative et souci du bien-être animal: le Salon international de l’Alimentation (Sial) a ouvert ses portes dimanche matin près de Paris, pour tenter de contenter des palais à la recherche de produits goûteux mais respectant certaines valeurs.

En vedette de ce salon, qui sera inauguré par le nouveau ministre de l’Agriculture Didier Guillaume en début d’après-midi, le végétal.

Le Sial devrait être le théâtre d’une “explosion” de l’offre de légumineuses, super-fruits, super-légumes, super-graines, micro-algues, “permettant de manger des protéines de manière gourmande”, selon Xavier Terlet, président du cabinet XTC World innovation qui analyse les tendances mondiales.

Quelque 7.200 exposants de 119 pays seront là pour promouvoir innovations et valeurs sûres. Parmi les 400.000 produits présentés, pas moins de 2.500 nouveautés sont attendues.

Certains seront récompensés par des “grands prix Sial”, comme une boisson fermentée aux fruits végane venue de Grèce, des boissons portugaises non alcoolisées au gingembre, au curcuma ou à la cannelle, un gin italien distillé avec du genièvre et des olives.

Les “flexitariens” courtisés

Un stand de fromages au SIAL, lors de l'édition d'octobre 2016

(credit photo AFP/Archives) Un stand de fromages au SIAL, lors de l’édition d’octobre 2016

Parmi les nations en vue: l’Italie, l’Espagne et la Turquie, les trois pays les plus représentés dans ce salon biennal, derrière la France; l’Inde, où vient de se tenir pour la première un salon Sial; et présents pour la première fois: le Bahreïn, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan.

Au premier rang des créateurs d’innovations alimentaires, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) sera présent “pour la première fois depuis très longtemps” afin de présenter certains résultats de ses recherches, a indiqué à l’AFP son président, Philippe Mauguin.

“Nous allons notamment présenter des farines mixtes pour fabriquer des pâtes qui associent blé et légumineuses comme les pois, les lentilles et les fèves, et offrent des profils en acides aminés essentiels optimum, permettant aux gens qui mangent moins de viande d’équilibrer leur alimentation en protéines”, a-t-il expliqué.

Une manière de satisfaire le “flexitarien gourmand” courtisé par les organisateurs du salon: il mange moins de viande mais de meilleure qualité. Dans cette optique, les burgers de viande maturée présentés au salon seront peut-être une des solutions pour contrer la baisse de consommation, alors que l’élevage de masse est cité comme l’une des sources du réchauffement climatique.

Sur fond de prise de conscience de ce phénomène et face aux polémiques et scandales qui secouent régulièrement le secteur de l’alimentation en France, les organisateurs résument les souhaits des consommateurs en trois mots: “du goût, du vrai, du sens”, sur la base d’une vaste étude réalisée dans une quinzaine de pays-clés par Kantar TNS.

L’explosion du “snacking”

“Nous sommes vraiment dans un virage” affirme le directeur général du réseau Sial, Nicolas Trentesaux, organisateur de la manifestation. “Le dogme des méga-marques mondiales perd de l’importance” et “nous assistons à une émergence de beaucoup de petites marques pointues, portées notamment par une +food tech+ très active en France” et l’envolée mondiale du phénomène de “snacking”, la restauration rapide et nomade.

De la viande de boeuf japonais wagyu présentée au SIAL, en octobre 2016

(credit photo AFP/Archives) De la viande de boeuf japonais wagyu présentée au SIAL, en octobre 2016

L’étude Kantar TNS, qui porte sur cinq pays occidentaux clés (France, Espagne, Allemagne, Royaume Uni et Etats-Unis), la Russie, la Chine, des Etats du Moyen-Orient ainsi que la Malaisie et l’Indonésie, montre aussi une soif de “transparence” des mangeurs urbains.

M. Terlet souligne des innovations “nombreuses et variées” en matière de “naturalité et de bio”, dont le chiffre d’affaires a explosé en France en 2017, à 8 milliards d’euros contre 7 milliards en 2016.

Alors que la planète compte en moyenne une centaine de millions de bouches à nourrir supplémentaires chaque année et que le monde a “atteint un point de non retour” en matière de changement climatique selon l’Onu, les entreprises agroalimentaires ont “bien pris la mesure des enjeux”, affirme M. Trentesaux.

Publié le dimanche 21 octobre 2018 à 10:40, modifications dimanche 21 octobre 2018 à 10:40

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