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Etat d’Urgence: énervement et règlement de comptes étaient de mise

Ca y est c’est voté depuis ce matin, l’état d’urgence va être prolongé de six mois. Le projet de loi va être par la suite examiné par le Sénat.

Par 489 voix contre 26 et 4 abstentions, le prolongement de l’état d’urgence de six mois a été voté peu avant 5 heures du matin ce mercredi à l’Assemblée Nationale. Une écrasante majorité a soutenu le texte. François Hollande avait annoncé cette mesure le soir des terribles attentats de Nice.

Bien avant le vote en séance, LCP a filmé la réunion des commissions des lois et au vu des échanges ce n’était pas tendre, écoutez:

Vous êtes des bisounours. Deux-cent trente morts et vous n’avez toujours pas compris

exhorte le député LR Pierre Morel-à-L’Huissier. Cela continue de plus belle entre Eric Ciotti et le député socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec. Dépassé par les évènements, le président de la commission des lois Dominique Raimbourg, s’époumone pour se faire entendre, en vain…

Durant la séance, c’est un autre combat de coqs qui s’est déclaré entre Laurent Wauquiez et Manuel Valls. Le député de droite s’est montré très virulent dans ces propos face au premier ministre qui semblait être très agacé par celui-ci.

Non, monsieur le Premier ministre, vous n’avez pas pris toutes les mesures permettant de protéger les Français. Nous assumons de dire qu’il faut une loi d’exception pour combattre les terroristes.

Sortez des postures, monsieur le Premier ministre. (…) Si nous en sommes là, c’est aussi la somme de toutes vos lâchetés face au communautarisme.

Laurent Wauquiez déterminé dans son discours, lance une énième offensive au premier ministre

Dans ceux à l’origine de très nombreux attentats terroristes au cours des derniers mois, il y avait très souvent des individus qui étaient surveillés par les réseaux de renseignement, classés dans les fichiers S, et qui, si vous aviez appliqué cette mesure, n’auraient pas pu passer à l’acte

Là où vous invoquez les libertés personnelles des terroristes, nous disons: il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la République

Manuel Valls va à son tour répondre à Laurent Wauquiez

Je ne crois pas que ce soit un dérapage de votre part, je pense que c’est une stratégie de votre part, que je ne confonds pas avec la droite républicaine. Cette stratégie, elle vous emportera

La France dont je dirige le gouvernement ne sera pas celle où seront instaurés des centres où l’on enferme de manière indéterminée, pour un temps indéterminé, des individus que l’on suspecte.La notion même de suspect a entraîné ce pays à des moments donnés, dans son histoire au cours des deux derniers siècles, dans le pire.

Quelques mesures de l’opposition ont été votés par l’assemblée comme la possibilité de fouiller des bagages et des véhicules sans instruction du procureur. Les réductions de peines automatiques ont été supprimées pour les personnes condamnées dans des affaires de terrorisme. Les élus UDI ont aussi fait voter la création d’une commission non permanente de contrôle de l’état d’urgence, composée de sept députés et sept sénateurs. Les perquisitions administratives suspendues en mai sont rétablit, et prévoit la saisie et l’exploitation des données informatiques et des téléphones portables.

Mais une grande question demeure, tout cela va-t-il être suffisant?

Publié le mercredi 20 juillet 2016 à 13:00, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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