Justice

Soupçons de financement libyen : Eric Woerth mis en examen pour « complicité de financement illégal de la campagne » de Nicolas Sarkozy

Éric Woerth a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagne » dans le cadre de l’enquête des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Après la mise en examen de Nicolas Sarkozy en mars dernier, c’est au tour d’Eric Woerth. En effet, l’ancien trésorier de campagne est sous le coup d’une procédure judiciaire. Cette décision fait suite à des investigations de la police anticorruption. Celle-ci avait relevé dans un rapport de septembre 2017 « l’ampleur de la circulation d’espèces » dans l’entourage du candidat de la droite à la présidentielle de 2007.

Ainsi, selon son avocat, Eric Woerth a été mis en examen mardi 29 mai. Il est soupçonné de « complicité de financement illégal de campagne ».

Versements d’enveloppes aux collaborateurs

Cette mise en cause se fonde sur l’identification de sommes en espèces. Très faibles pour ne pas dire dérisoires au regard du coût d’une campagne présidentielle.

A commenté Me Jean-Yves Leborgne dans un communiqué.

Selon le défenseur d’Eric Woerth, les enquêteurs reprochent à l’ancien ministre du Budget le versement d’environ 11.000 euros aux collaborateurs de la campagne. Et ce, pendant et après l’élection.

Lui-même a estimé de mémoire, 10 ans après les faits, à une trentaine de milliers d’euros les gratifications en espèces. Et opérées après la campagne.

A détaillé Me Jean-Yves Leborgne, en référence aux déclarations de son client devant les policiers en mai 2017.

Eric Woerth et son trésorier adjoint, Vincent Talvas, avaient alors assuré qu’il s’agissait de récompenser les membres de l’équipe, via des enveloppes contenant de 200 à 2.000 euros. Sur l’origine des fonds, ils ont soutenu qu’ils provenaient de dons anonymes par courrier. Pourtant, une explication jugée « captieuse » par les enquêteurs. Et également démentie par d’autres témoignages. Ainsi, cette mise en cause signifie que les juges estiment avoir fait le rapprochement avec les sommes qui, selon d’anciens dignitaires libyens et le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine, auraient été remises à Nicolas Sarkozy et à son entourage au nom du colonel Kadhafi.

Pour mémoire, en novembre 2016, Ziad Takieddine avait affirmé avoir remis entre fin 2006 et début 2007 5 millions d’euros à Nicolas Sarkozy. Ainsi qu’à Claude Guéant, son directeur de cabinet à l’époque. Lui aussi est mis en examen dans cette affaire.

Aucune preuve

Est-il raisonnable de rapprocher ces faits, sans aucune preuve, des millions d’euros prétendument versés par Kadhafi ?

S’est indigné Maître Leborgne ajoutant :

Eric Woerth conteste fermement ce raisonnement et s’insurge contre la poursuite dont il fait l’objet.

En effet, l’intéressé a réagi sur Twitter pour démentir catégoriquement toute implication « avec cette prétendue affaire libyenne ».

Publié le mercredi 30 mai 2018 à 10:13, modifications mercredi 30 mai 2018 à 10:15

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