Justice

Quatre ans de prison requis contre Jawad Bendaoud

La réquisition du procureur résonne avant tout comme un aveu d’ignorance.

STORY - Episode 15/19

Cet article fait partie d'une "story" (une story est un ensemble d'articles relatifs à un sujet précis suivi par nos journalistes)

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

C’est un clin d’œil à l’un de ses avocats qui veut tout dire. Jawad Bendaoud sait qu’il peut être satisfait. Le procureur, même s’il a requis quatre ans de prison, a reconnu qu’il n’avait pas les éléments pour “affirmer qu’il savait que les deux fuyards qu’il a hébergé dans ce squat de Saint-Denis” étaient connectés aux attentats du 13 novembre.

Le silence est d’or

Mais, paradoxalement, ce clin d’œil représente peut-être sa plus grande démonstration du jour. Celui qui nous a habitué à de véritables shows, n’a pas prononcé un seul mot ce mardi 6 février. Assis aux côtés de Mohamed Soumah, jugé en sa compagnie, il se contente d’acquiescer et de sourire.

Opinant du chef ou levant le pouce pour marquer son approbation, il écoute le procureur reprendre ses propres déclarations ou insister sur l’intelligence de l’accusé. Une volonté illustrée par la location pour 50 € la nuit “Il n’aurait pas hébergé un terroriste en fuite pour une somme aussi modeste, ce n’est pas le comportement d’un homme intelligent”, insiste ainsi le procureur.

Libérables dans le courant de l’année 2018

Si le procureur insiste qu’ils ne pouvaient pas ignorer “héberger des délinquants en fuite”. Tous les éléments sont effet réunis : paiement au black, urgence, discrétion… Bref les deux accusés selon le procureur, «connaissaient le crime sans pour autant connaître la nature du crime». Il requiert quatre ans de prison et maintien en détention pour les deux accusés.

Les défenseurs de  Jawad Bendaoud, Mes Marie-Pompéï Cullin et Xavier Nogueras vont plaider sa défense, ce mercredi 7 février. Le jugement sera ensuite mis en délibéré. Dans tout les cas, alors que les accusés sont en prison préventive depuis deux ans, une condamnation à quatre ans de prison signifierait qu’ils peuvent être libérés dans le courant de l’année 2018.

C’est le troisième larron qui au final a été le plus chargé par le procureur. Youssef Ait-Boulahcen, cousin de l’un des terroristes et qui comparaît libre. Pour le procureur, c’est au final lui le plus inquiétant. “La presse parle du procès de Jawad, le plus médiatique; pour moi, c’est le procès de Youssef, le plus inquiétant”. Au point de requérir plus contre lui, seulement poursuivi pour non-dénonciation de crime. Il a donc demandé le maximum encouru pour ce genre de délit: cinq ans, plus un mandat de dépôt sitôt que serait prononcé un tel jugement.

Publié le mercredi 7 février 2018 à 8:50, modifications mercredi 7 février 2018 à 9:40

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !